Les sources locales d’énergies alternatives (briquettes de déchets végétaux, biogaz et solaire thermique) font face à un problème d’acceptation de la part des consommateurs d’une part, et un manque d’intérêt du coté des entrepreneurs et des pouvoirs publics d’autre part. Ce manque d’intérêt est une preuve que les différents acteurs nationaux, dans leur grande majorité, ne sont pas encore conscients du danger que représentent la déforestation et l’érosion accélérée du territoire. Les efforts de motivation et de sensibilisation doivent se poursuivent encore. Cependant, à court terme, il faudra s’orienter vers des sources d’énergies importées telles : le kérosène et le gaz de pétrole liquéfié. Les problèmes liés aux sources d’énergies importées Les sources d’énergies importées ont pour effet d’augmenter la facture pétrolière nationale mais à court terme ce choix énergétique représente la solution la plus immédiate vu l’ampleur du problème confronté. Ces sources font, elles aussi face à des problèmes qui les empêchent de pénétrer le marché malgré leurs performances techniques et économiques. Les problèmes d’acceptation du kérosène sont les mêmes que ceux confrontés par les sources locales. La pénétration du kérosène sur le marché doit donc passer par les mêmes solutions que celles préconisées pour les sources locales savoir, la motivation et la sensibilisation. Le gaz de pétrole liquéfié est la source d’énergie qui confronte le moins de problèmes d’acceptation étant donné qu’il est le plus propre et que son utilisation représente aux yeux du public un symbole de promotion sociale. Cependant les obstacles à franchir sont insurmontables sans l’intervention des pouvoirs publics. Ils ont rapport au coût du premier investissement pour l’achat des équipements et au prix d’acquisition du gaz. Relativement à l’investissement initial il y a lieu d’encourager les efforts réalisés par certains entrepreneurs de la place tels : la Shell Sodigaz, Valério Canez, la ECOGAZ et la ELF Servigaz. Cependant il faut encore faire plus d’efforts pour rendre les équipements accessibles à une large fraction des classes moyennes, surtout de la province, qui actuellement n’ont aucun accès au crédit. La mise en place d’un système national de micro-crédit est donc primordial dans ce cas. Le coût du produit représente le facteur de blocage le plus important en ce qui concerne le niveau de pénétration du gaz sur le marché. D’aucuns se demandent toujours si le prix élevé du gaz au consommateur provient du coût d’acquisition de ce produit ou bien du sur-profit des différents intermédiaires? Une analyse de l’état actuel du marché du GPL en Haïti permettra peut-être de répondre à cette question. De janvier 1995 à Décembre 1999 le volume annuel de GPL
importé varie de 106 000 à 140 000 barils soit une
moyenne annuelle de 5 millions de gallons, ce qui constitue un petit marché
de 10 à 12 000 tonnes annuellement. L’étroitesse
du marché et sa faible capacité de d’extension sont des facteurs
de blocage à son expansion et justifient en partie les prix
élevés payés par les consommateurs. Sans une intervention
des pouvoirs publics les campagnes de promotion continueront à donner
des résultats mitigés et le secteur restera confiné
dans un cercle vicieux.
Cette intervention est d’autant plus nécessaire que la taille du marché ne suffit pas à elle seule à expliquer le niveau élevé des prix payés par les consommateurs. En effet, pendant la période sus-mentionnée le prix de revient du gallon de GPL varie de 0,58 à 1,1 dollars américains et le prix final au consommateur de 1,57 à 1,85. Le prix de revient du produit représente toujours moins de 50% du prix payé par le consommateur alors que l’Etat haïtien ne perçoit aucune taxe sur ce produit depuis plus de dix années. A titre de comparaison le prix de revient du gasoil, qui est aussi un produit de première nécessité ne représente pas moins de 70% du prix payé par le consommateur final. Quelle politique à suivre, que faire? De ce qui précède il ressort que si l’Etat doit subventionner
le GPL pour le rendre plus compétitif par rapport au charbon de
bois des ajustements doivent être apportés à la structure
des prix pour que cette subvention bénéficie effectivement
au consommateur final et non aux nombreux intermédiaires impliqués
dans l’approvisionnement et la commercialisation du produit. En effet,
dans la structure actuelle des prix la répartition des marges est
représentée dans le tableau ci-dessous:
La subvention peut ne pas représenter un manque à gagner
pour l’Etat si elle se fait de façon croisée entre le GPL
et les autres produits pétroliers de sorte que les propriétaires
de véhicules puissent avoir un certain intérêt à
consommer le GPL pour ne pas perdre le bénéfice de la valeur
excédentaire payée en achetant de l’essence. Nous pensons
néanmoins que la subvention est un passage obligé. Si tout
le monde a peur de la subvention actuellement c’est parce que personne
n’est conscient du danger que représente la désertification
et du déséquilibre écologique qu’il sous-tend. Il
est temps que les différents acteurs réalisent que la politique
qui consiste à négliger les efforts de protection et de réhabilitation
de l’environnement ont des conséquences
Certains pays de la région (Vénézuela et Trinidad
et Tobago) bénéficiant de réserves importantes en
gaz naturel sont en train de promouvoir sa distribution dans les pays de
la région, où le GPL est utilisé comme énergie
de cuisson et pour d’autres utilisations comme les transports en
commun entre autres, il est donc souhaitable qu’Haïti dans sa logique
perpétuelle de singularité ne reste pas à coté
de cette mouvance.
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