Les points clés discutés entre les participants Un accent particulier a été porté sur les ressources ligneuses qui fournissent 83% des besoins énergétiques locaux et dont les réserves diminuent chaque jour. Sur 4 arbres abattus, un seul est planté, et le couvert végétal estimé actuellement à seulement 2% du territoire diminue progressivement ce qui conduit le pays inexorablement vers la désertification si une réponse rapide n’est apporté à ce sérieux problème. Beaucoup pensent que la solution doit venir de l’utilisation des sources d’énergies renouvelables comme la biomasse, l’énergie solaire, l’énergie éolienne et l’énergie hydraulique. Il faut donc exploiter chaque fois que cela est possible les sources d’énergies renouvelables identifiées.
Vue patielle du stand d'exposition de la CARE-HAITI et du Bureau des Mines et de l'Energie En attendant le BME a entrepris des recherches pour la mise à point de réchauds améliorés et leur vulgarisation, qui permettent de réduire la consommation du charbon de bois. Un travail d’éducation et de sensibilisation reste à faire pour faire accepter les nouveaux produits et leur prix par les utilisateurs. Il est de même pour les réchauds à kérosène, dont l’utilisation est actuellement la solution la moins chère. De plus, le gouvernement serait intéressé à promouvoir l’utilisation du GPL et du kérosène comme substitut au charbon de bois. Ainsi il est prévu que plus d’un million de fours ou réchauds fonctionnant au GPL seront distribués . Certains participants pensent que la réussite d’un tel projet va dépendre de l’effort du gouvernement pour réduire sensiblement le coût du GPL sur le marché local et aussi organiser un réseau de distribution pour faciliter l’accès du produit au plus grand nombre de consommateurs. A un moment où les coûts de ces produits augmentent sur le marché international, les observateurs sont plutôt sceptiques. L’utilisation du GPL étant dangereuse, l’un des conférenciers a fait ressortir l’urgente nécessité de promulguer des lois et règlements régissant la matière. En effet, les mesures de sécurité restent à renforcer, et surtout celle des anciennes bonbonnes qui connaissent des fuites. Ces dispositions sont encore plus importantes plus importantes surtout avec l’avènement des stations de remplissage. La SHELL et ELF consacrent des efforts considérables à la vulgarisation du GPL. Cependant, en absence de détaxation, la vulgarisation est loin de connaître le même essor qu’en République Dominicaine ou les bonbonnes de 25 lb sont subventionnées à hauteur de 50%. Pour réduire la pression sur les ressources ligneuses un participant a suggéré le remplacement progressif des bois de coffrage par des étais métalliques. Ceci pourrait faire l’objet d’un projet où participeraient l’État le secteur privé et les écoles professionnelles. Les travaux entrepris au MARNDR
pour la transformation des déchets organiques en biogaz (méthane)
et en engrais sont à un stade assez avancé. Des unités
ont été développées et sont encore en fonctionnement.
Le ralentissement dans l’implantation de nouvelles unités est du
à un problème de financement. Le Japon a également
mis en place des cuves de biogas dans un certain nombre d’écoles
dans le sud du pays.
Le volet solaire a été présenté par 3 professionnels du secteur privé. Il a eu un écho favorable pendant l’embargo, et est utilisé surtout pour l’alimentation des antennes de télécommunication, des pompes solaires, et des frigos pour le stockage de vaccins dans les dispensaires et pharmacies communautaires rurales. Le problème du stockage des batteries après usage fut soulevé, étant donné qu’elles sont jetées sans précautions particulières. Quand on sait que des dizaines de milliers de batteries sont jetés chaque année dans la nature il est donc nécessaire que les institutions concernées de l’Etat se penchent sur ce problème crucial. Les présentateurs ne
se sont pas arrêtés sur l’énergie éolienne qui
est encore peu connue et peu répandue. Toutefois ils ont estimé
que la mise au point de systèmes hybrides solaires-éoliens
devrait être considérée.
![]() Haïti se prête bien à l’exploitation de l’hydro-énergie mais très peu de projets ont jusqu’ici été réalisés, à l’exception du barrage de Péligre qui ne fournit que 15% de l’électricité produite. Deux (2) projets de petite hydraulique dans la vallée de Jacmel ont été examinés mais rejetés. Le projet de Fonds Parisien fut présenté par le gouvernement, il est réalisé conjointement avec la coopération Wallonne. Il s’agit d’un projet intégré combinant la production d’énergie avec l’irrigation, et dont les travaux entrepris depuis bient6ot 3 ans sont à un stade fort avancé. On constate cependant que la dégradation de l’environnement, le déboisement systématique des bassins versants réduisent de façon sensible les débits de nos rivières. D’autres sujets comme le poids
de l’importation des produits pétroliers sur la balance
commerciale du pays, les dommages à l’environnement causés
par le mauvais état de certains véhicules et l’inefficacité
de notre système de production d’énergie électrique
ont été agités. Concernant ce dernier point, nous
avons fait ressortir que le problème de l’Électricité
d’Haïti est plutôt complexe. Il est lié à
la situation socio-économique et même politique du pays. Le
niveau des pertes estimé à 50% doit être lu de façon
plus intelligente. Aujourd’hui, nous disons que les pertes techniques sont
estimées à 20%, l’énergie facturée à
50% et la consommation non payée à 30%. Cette dernière
partie représente l’énergie consommée dans les bidonvilles
et qui défient l’État. L’Ed’H est une institution d’État
et donc a aussi une vocation sociale. Aujourd’hui, cette institution ne
peut pas appliquer des mesures répressives pour forcer les gens
à payer ou pour éliminer les branchements frauduleux.
L’Ed’H entretient des relations avec le Gouvernement et le Ministre de
la Justice pour trouver la meilleure solution à appliquer à
ce problème.
Cet atelier de deux jours
a été pour nous l’occasion de réfléchir et
de partager nos idées sur l’un des problèmes les plus cruciaux
du pays, la crise énergétique. Tout le monde sait que l’énergie
est un facteur essentiel de développement. Or le niveau de développement
actuel du pays est très faible. Des efforts doivent donc être
déployés pour assurer le développement du secteur
énergétique et par ricochet, celui du pays. A cette fin,
la direction de l’Ed’H doit travailler de façon ardue pour développer
le secteur électrique en valorisant les sites hydrauliques déjà
identifiés et en assurant une bonne gestion de ceux qui sont
déjà en exploitation. Des ateliers de travail pourraient
être organisés par la direction de l’Ed’H pour présenter
les problèmes que confrontent l’entreprise à ses partenaires
(la clientèle, les industriels et le gouvernement) et trouver ensemble
les solutions appropriées.
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