| Réception
du public-cible
Les différents modèles
ECOGAZ ont été présentés pour la première
fois au parc industriel en collaboration avec la CARE-Haïti et le
Bureau des Mines et de l’Energie. Le parc industriel constitue un marché
captif important de plusieurs dizaines de "machan’n manje kwit", qui
utilisent exclusivement le charbon de bois, et dont la clientèle
est importante (plusieurs milliers d’ouvriers à restaurer trois
fois par jour). La première réaction des cuisinières
a été d’une part, une réticence totale due à
une méfiance vis à vis du gaz et en même temps une
curiosité affirmée pour le réchaud dans sa présentation.
Les marchandes ne sont pas habituées à ce genre de réchauds
conçus spécifiquement pour leur besoin direct (brûleurs
montés sur des jantes de voitures) de construction apparemment solide.
Le premier moment de réticence passé, deux marchandes ont
accepté sur proposition des présentateurs sus mentionnés
d’utiliser le nouvel équipement. Une deuxième exposition,
réalisée à Kanaan, Montrouis a été bien
accueillie. Une troisième présentation a eu lieu au Champs
de Mars à la foire du 1er
mai organisée par plusieurs Ministères. La réception
du public a été très chaleureuse et les retombées
se sont soldées en l’installation d’équipements dans plusieurs
restaurants classiques et populaires type "machan’n fritay". Dans
ce dernier cas un modèle muni de paravent (conçu par CARE/BME),
destiné à protéger les brûleurs du vent, a été
adapté aux conditions de travail des marchandes.
Une expérience pilote
de diffusion est actuellement en cours avec le PAM dans le Nord et le Nord
Est où une dizaine de réchauds à gaz a été
installée dans des cantines scolaires. La ECOGAZ travaille aussi
avec le Fonds Haïtien d’Aide à la Femme ( FMAF) et le groupe
d’Appui pour l’Intégration de la Femme du Secteur Informel (GRAIFSI)
pour la promotion des réchauds à gaz au Parc Industriel et
à Montrouis. Plus de 20 marchandes utilisent déjà
l’équipement à gaz et les demandes pour de nouvelles installations
continuent à affluer.
Résultats
des enquêtes de suivi
Les fiches d’enquêtes
préparées pour l’utilisateur ont été conçues
en mettant l’accent sur les économies susceptibles d’être
réalisées en substituant le charbon de bois par le GPL. Les
réponses obtenues ont été très surprenantes
en regard des attentes. Les bienfaits de la substitution ne sont pas perçus
comme étant d’abord économique. Par ordre de priorité
les avantages soulignés sont : a) la résolution des problèmes
liés à la santé (protection des yeux, maux de tête
permanents surtout le soir, chauffage continu des parties inférieures
du corps); b) les problèmes liés à la beauté
(mains rongées par le charbon, perte des cheveux et des cils, saleté
des lieux); c) question pratique (rapidité et disponibilité
du feu pour la cuisson, contrôle instantané de la flamme sans
monter et descendre les lourdes chaudières); d) facilité
de nettoyage des ustensiles utilisés (élimination de la couche
noire laissée par le charbon de bois); e) et enfin l’économie
réalisée sur l’achat du charbon de bois.
Cette économie n’est
pourtant pas négligeable: en substituant le charbon de bois par
le gaz la marchande de " manje kwit " économise 400 gourdes
par semaine sur l’achat de combustible. A ce rythme l’investissement consenti
pour l’acquisition des équipements fonctionnant au gaz est récupéré
après trois mois en moyenne. De concert avec certaines institutions
de crédit nous travaillons actuellement pour prolonger jusqu’à
six mois le délai de remboursement des prêts aux marchandes
qui semblent bien accueillir cette initiative, ceci pourrait éliminer
toute réticence de leur part au processus de substitution du charbon
de bois par le gaz.
Conclusions
et recommandations
L’expérience déjà
réalisée est encourageante et mérite d’être
encadrée. Nous pensons que des campagnes de motivation à
travers la presse écrite, parlée et télévisée
doivent être mises sur pied par les pouvoirs publics en vue d’une
part de vulgariser l’information relative aux équipements disponibles,
aux économies potentielles de combustibles et aux retombées
positives sur l’environnement naturel et humain, et d’autre part favoriser
la formation des techniciens et des vendeurs de gaz en vue de constituer
une seule force avec les institutions gouvernementales concernées
pour promouvoir l’utilisation du GPL en Haïti. La consommation nationale
qui est actuellement de 10 000 tonnes par année est très
inférieure à celle de la République Dominicaine (
423 000 tonnes en 1997). Dans les conditions actuelles la consommation
peut passer à 30.000 tonnes en trois ans. Cependant avec un peu
de motivation elle peut doubler chaque année. Le marché potentiel
existe bel et bien, tout ce qu’il faut est d’arriver à le faire
bouger.
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