Il existe en plus d’autres contraintes pratiques qui rendent difficile
l’utilisation des équipements modernes. Les brûleurs diesel
nécessitent une faible quantité d’électricité
pour faire fonctionner les pompes et le système électronique
d’allumage. Aucun boulanger ne voudrait voir s’arrêter son activité
au milieu de la journée à cause du rationnement électrique.
Les
fours utilisés par les boulangeries traditionnelles
Le modèle de four le plus couramment utilisé a été
introduit pendant la période au cours de laquelle le bois était
abondant. Il s’agit d’une variation du modèle de four à briques
utilisé par les Français au cours des 17ème et 18ème
siècles. Le four, ainsi que le procédé de cuisson
du pain ont évolué au cours des années pour permettre
la cuisson du pain blanc qui nécessite un niveau relativement bas
de la chaleur. Dans le passé, le pain était cuit à
l’aide de la chaleur rayonnant provenant du toit, des murs latéraux
et du plancher du four. De nos jours, la cuisson se fait à l’aide
de la chaleur de convection résultant de la circulation des gaz
de combustion à l’intérieur du four et sur le pain. Il paraît
que cette méthode utilise beaucoup moins de combustible que celle
utilisée dans le passé mais en retour, elle permet de produire
un pain de moins bonne qualité. Le pain est souvent recouvert de
dépôts de suie et de cendres transportées par les gaz
d’échappement et retient l’odeur de fumée.
Tel que conçu, le four occupe beaucoup d’espace (l’intérieur
mesure 4 x 4 x 0,75 mètres de hauteur et l’extérieur mesure
5 x 5 x 2,5 mètres de hauteur). Une petite chambre de combustion
est placée sur l’un des côtés au-dessus de laquelle
on place la plate-forme du four. Les gaz de combustion circulent à
l’intérieur du four et en ressortent à travers une longue
cheminée en brique. Ces fours sont caractérisés par
:
a) leur mauvaise combustion à cause de l’absence de portes ou
d’autres moyens de contrôler l’entrée d’air dans la chambre
de combustion. Une partie du bois est souvent brûlé pratiquement
à l’extérieur juste devant la chambre de combustion;
b) une mauvaise conception de la cheminée qui fonctionne très
mal pendant les fortes chauffes. Les fumées s’échappent soit
directement par la porte du four ou de la chambre de combustion;
c) les fours ne sont pas adéquatement isolés à
cause de l’absence d’isolants de bonne qualité. Dans ces conditions,
les rendements ne peuvent être que de 3% à 10% dans le meilleur
des cas. Des fours modernes simple à convection utilisant un combustible
propre peuvent fournir des rendements compris entre 60 et 75%. Les modèles
supérieurs munis de ventilateurs pour forcer la convection peuvent
même atteindre des rendements jusqu’à 85%.
Les
blanchisseries (dry-cleanings)
Le terme nettoyage à sec (dry-cleanings) prête à
confusion parce que les linges, dans certains cas, sont lavés à
la main à l’eau de savon, séché à l’air et
pressé à la vapeur. En comparaison, les teintureries sont
beaucoup plus efficaces que les boulangeries, leur rendement pouvant atteindre
jusqu’à 25%. Par contre, de grandes quantités de bois sont
consommées pour bouillir l’eau et produire de la vapeur. Une teinturerie
(dry-cleanings) consommant 350 litres d’eau par jour sous forme de vapeur
consommerait 235 kilogrammes de bois. En comparaison, une petite boulangerie
utilisant 7 sacs de farine de 50 kilogrammes par jour consommerait seulement
75 kilogrammes de bois de feu. Cependant, la consommation totale des boulangeries
est de loin supérieure à celle des teintureries (dry-cleanings)
à cause de leur nombre qui selon toutes les estimations varient
entre 1200 et 4000 unités.
Les chaudières utilisées dans la plupart des teintureries
(dry-cleanings) sont constituées d’un cylindre vertical de 200 litres
de capacité. Une fournaise est placée sous la chaudière
provoquant la remontée des gaz d’échappement vers un échangeur
de chaleur vertical pour sortir enfin à travers une petite cheminée
placée au sommet de la chaudière. Il est étonnant
de voir qu’il n’y a pas beaucoup de chaudières munies de valves
de sécurité ni de manomètre. Certaines blanchisseries
se sont déjà converties au diesel en plaçant tout
simplement un brûleur diesel à la place du foyer à
bois. De tels changements peuvent augmenter l’efficacité de 30 à
40% mais ces modestes augmentations sont loin de permettre la réalisation
d’économies substantielles en termes d’argent. Les bénéfices
à tirer ont davantage rapport à la propreté des installations,
à l’élimination des aires de stockage du bois et à
un meilleur contrôle de la chaudière.
Mieux
cuire le pain et mieux nettoyer les vêtements
Ces faits ont été mis en lumière dans un programme,
lancé par l’USAID, de réduction de la dépendance des
petites entreprises par rapport au bois de feu. Un fabricant local de four
a déjà soumis, pour le projet, un plan d’expansion du marché
des boulangeries qui est actuellement en cours d’examen. Il est prévu
de réaliser des études et expériences supplémentaires
sur ce four afin de tester ses performances en l’absence d’électricité
et déterminer de façon plus précise les vrais bénéfices
pour l’acheteur. Ces résultats devront conduire à un programme
de crédit dans un futur proche devant permettre aux petites boulangeries
de remplacer leurs fours à bois par des fours modernes fonctionnant
au diesel. Ceci aura l’avantage d’améliorer la qualité du
pain et de faciliter l’introduction au sein de l’entreprise d’une gamme
de nouveaux produits tels des gâteaux et des bonbons. A présent,
les options techniques pour les teintureries (dry-cleanings) sont encore
en gestation. Le passage au diesel est relativement simple, cependant,
s’il n’y a aucun changement au niveau des chaudières, le brûleur
diesel ne peut pas tout seul permettre d’obtenir des économies substantielles
de combustibles. Les brûleurs diesel dépendent aussi de l’électricité
dont le rationnement peut décourager les nombreux propriétaires
ne disposant pas de génératrices de secours. Il est souhaitable
que dans un futur proche des études soient aussi effectuées
sur les chaudières munies de brûleurs diesel fonctionnant
sans électricité en vue de déterminer leur performance
économique et leur faisabilité. Si les résultats s’avèrent
intéressants, on pourrait alors penser à développer
un programme de crédit pour améliorer le système énergétique
des teintureries (dry-cleanings). |