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Bulletin quadrimestriel de la Care-Haïti et du Bureau des Mines
et de l'Energie |
Avril
2002
numéro
12 |
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Revue
Synergies
Dans
ce numéro:
Editorial
Le
financement des équipements énergétiques améliorés
et de substitution : Point de vue des institutions financières,par
Robinson Moïse
Recherche
et développement d'un réchaud à kérosène
pour Haïti: Une activité du projet Care-Energie, Kayeswar
Sulpya
Les
petites entreprises haïtiennes peuvent-elles abandonner l'utilisation
du bois de feu dans le contexte social et économique actuel,par
Emile Jean-Gilles
Le
projet Energie et environnement de la CARE-Haïti (2000-2002),par
Mildred D. Régis
Les
treize (13) articles du décret du 7 juillet 1987 réglementant
l'utilisation du bois -énergie en Haïti, par Wilfrid
Saint Jean
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Nous prenons
plaisir à annoncer que le thème de la prochaine édition
de Synergies sera: "Pourquoi doit-on proposer des alternatifs aux petites
entreprises utilisant le bois de feu"
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Ce bulletin est publié
grâce au support finacier de l'USAID, du gouvernement Néerlandais
et de la CARE-Haïti
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Les articles
commentés du décret du 7 Juillet 1987 réglementant
l’utilisation du bois énergie en Haïti
par Wilfrid Saint Jean,
BME
Présentation
Le décret du 7 juillet
1987 a été publié à une époque où
plusieurs organismes du gouvernement, des organisations non
gouvernementales, du secteur privé et de la société
civile ont pris position, suite à un colloque réalisé
à Damien, pour déclarer le pays en état d’urgence
en raison des constats alarmants de dégradation de l’environnement
dressés par les experts et reconnu par les participants. Mis
à part cette réaction officielle qui s’en est suivi,
on peut dire que le «cri de Damien» n’a pas
été entendu.
Nous avons décidé
de publier dans son intégralité ce décret assorti
de commentaires, en vue de rappeler aux acteurs concernés qu‘il
existe un instrument légal capable de faire la différence
et
rappeler que s’il était
appliqué normalement aurait déjà certainement contribué
à diminuer la pression sur le bois de feu en Haïti.
http://www.olade.org.ec/haiti/synergie
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En effet,
une analyse de ce document révèle que tous les aspects réglementant
la coupe et l’utilisation du bois à des fins énergétiques
et de construction ont été considérés y compris
le renouvellement de la ressource.
Nous prenons donc plaisir
à publier ci-après les treize articles de ce décret
émaillés de titres très révélateurs
en vue de mieux guider le lecteur et attirer son attention sur les importantes
considérations qui y ont été faites, notamment en
ce qui concerne le délai de mise en application qui constitue la
plus importante disposition, mais qui a été cependant complètement
ignorée ou occultée.
1. Procédure de
demande d’autorisation de la coupe des arbres
Article 1er. — A partir
de la Promulgation du présent décret la coupe d’arbre n’est
permise qu’avec une autorisation du MARNDR. Celle des arbres fruitiers
nécessite obligatoirement la visite d’un agent de terrain sur ordre
de son supérieur hiérarchique.
Article 2.— Toute
demande d’autorisation de coupe d’un arbre doit être directement
adressée à
l’Agence la plus proche de
la juridiction agricole concernée.
Cette demande sera formulée
par l’intéressé via la Représentation de l’Habitation
où se trouve l’arbre à couper. L’ordre de coupe ne
sera accordé que par l’organisation de l’habitation après
accomplissement des formalités précitées.
2. Structure de gestion
de la demande de la coupe des arbres
A cet effet, chaque
habitation rurale devra s’organiser de façon à former une
représentation qui aura pour attribution particulière celle
de recevoir les demandes de coupe d’arbre, d’acheminer ces demandes au
CASEC, de vérifier la véracité de l’autorisation agréée
par le MARNDR et de s’assurer de l’exécution de l’engagement pris
par l’intéressé de remplacer ledit Arbre suivant les conditions
propres réglementant l’abattage des arbres dans l’habitation.
Cette représentation
de l’habitation est responsable du contrôle de la population arbustive
en général.
3. Obligation de créer
des périmètres boisées dans les habitations rurales
Article 3.— Les
habitations Rurales sont requises de constituer un périmètre
de Cinq (5) hectares environ consacrés à la plantation d’arbres;
ce périmètre pourra être augmenté dans les années
à venir; les habitations irriguées en sont dispensées.
4. Moyen de contrôle
du système de transport du bois de feu et du charbon de bois
Article 4.— Le
Transport du Bois de chauffage et de Construction, tout comme celui du
charbon de bois est contrôlé au niveau de la section
communale par les organisations des habitations rurales qui en permettent
et réglementent la sortie vers les centres urbains ou agglomérations.
Article 5. — Le Transport
motorisé ou à traction animale de ces produits est contrôlé
au niveau des
postes de police établis
le long des axes routiers par un agent qualifié du MARNDR.
Tout transport motorisé
ou même à traction animale nécessite une autorisation
de transport vers une destination précise. Cette autorisation
est accordée seulement par un agent qualifié du MARNDR qui
ne peut en aucun cas dépasser le quota fixé au niveau du
District Agricole et suivant une répartition par agence. Le
District Agricole est tenu de collecter les données statistiques
de production déterminant la commercialisation et partant le transport
des produits ligneux en particulier.
Article 6.— Le propriétaire
de tout véhicule, soit à moteur, soit à traction animale,
transportant du bois ou du charbon de bois, dont le transporteur n’est
pas muni d’une autorisation de l’inspecteur qualifié du MARNDR,
sera pénalisé et la charge confisquée, sur Procès-verbal
de l’Agent préposé à cette fin.
5. Restriction dans
l’utilisation du bois comme combustible dans les entreprises et comme matériau
dans la construction
Article 7.— L’utilisation
du bois comme combustible à des fins autres que domestiques est
sujette à un contrôle d’agent préposé
par le MARNDR au niveau de la section rurale (petite boulangerie surtout).
Article 8.— L’utilisation
du bois comme combustible à des fins agro-industrielles et industrielles
est
déclarée en
voie d’extinction. Il en est de même de son utilisation dans
la construction de maisons
rurales (érection
des panneaux verticaux: clissage, waclage, les fermes, chevrons et lattes,
d’autres moyens doivent être recherchés.
6. Délai de mise
en application du décret et moyens d’y parvenir
Article 9.— Un délai
de six (6) mois est accordé aux utilisateurs du bois comme moyen
de chauffage, (tels que: boulangerie, «Dry Cleaning» Guildives
et autres) pour transformer leur système brûleur, afin
de pouvoir utiliser d’autres combustibles, que le bois. Un crédit
dit de modernisation de ces installations devra être rendu disponible
à cet effet. Passé ce délai, ils seront poursuivis
conformément par la Loi.
7. Amendes sanctions et
pénalités
Article 10.— Toute infraction
aux dispositions du présent Décret sera passible d’une
amende de Cinq Mille Gourdes (G.5.000.00) à Cinquante Mille Gourdes
(G.50.000.00) ou d’un emprisonnement de trois (3) mois à six (6)
mois, à prononcer par le Tribunal de Première instance de
la Juridiction où la faute a été commise, en ses attributions
correctionnelles sur Procès-verbal dressé par un Inspecteur
qualifié du MARNDR. Il sera procédé en même
temps à la confiscation des bois coupés illégalement;
et l’agent fera procéder à l’arrestation du contrevenant
qui sera jugé selon la prescription du présent article.
Article 11.— Les poursuites
seront exercées à la diligence du dit inspecteur du MARNDR
qui soumettra son Procès-verbal au Juge de Paix de la Région,
en vue de l’Information préliminaire. Le prévenu sera
ensuite expédié au parquet pour être déféré
au Tribunal Correctionnel.
Article 12.— En cas de récidive,
le contrevenant sera condamné à la fois à la peine
de l’amende et un emprisonnement de un (1) an à trois (3)
ans.
8. Dispositions d’abrogation
et responsabilités des ministères concernés
Article 13. — Le présent
Décret abroge toutes Lois ou dispositions de Lois, tous Décrets
ou dispositions de Décrets tous Décrets-Lois ou dispositions
de Décrets-Loi qui lui sont contraires et sera publié et
exécuté à la diligence des Ministères de l’Agriculture,
des Ressources Naturelles et du Développement Rural; des Travaux
Publics, Transports et Communication, de l’Economie et des Finances, de
l’Intérieur et de la Défense Nationale de la Justice, chacun
en ce qui le concerne.
Conclusions
Dans ses considérants,
le décret a rappelé trois articles de la constitution (253,
255 et 257) tiré du chapitre sur l’environnement ainsi que les lois
de février 1945 et de septembre 1955 interdisant d’un coté,
l’exportation de matériel ligneux non manufacturés et de
l’autre, réglementant la culture, la coupe, le transport
et le commerce du bois. Ces considérants rappellent en outre
les dégâts causés par la coupe incontrôlée
des arbres et les conséquences de cette pratique sur l’environnement
ainsi que la nécessité de mettre un terme à cette
dégradation par la mobilisation générale des
forces du pays.
mines-energie@publi-tronic.com
© BME
et OLADE
Port au Prince Haïti
20/11/02
cette page: http://www.olade.org.ec/haiti/synergie/numero1/decret.html
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