Le charbon de bois Les ménages et le secteur informel en Haïti consomment annuellement 300.000 tonnes de charbon. Cette quantité représente un peu plus de 2 sacs de charbon par mois par ménage. Le charbon a été depuis toujours la source d’énergie la plus sûre dans la capitale et les villes de province. Les ménages aiment s’en servir parce qu’il est bon marché, relativement propre et facile à utiliser. Pourtant, le charbon est l’un des agents importants de déforestation et représente aussi une forme de gaspillage d’énergie. Au moment de sa production, 80% de l’énergie contenue dans le bois est perdu dans l’atmosphère. Les fumées et les émissions de particules dégagées dans les meules sont aussi particulièrement dangereuses pour l’environnement. Le charbon, utilisé par 26% de la population, consomme 41% du total du bois-énergie exploité sur tout le territoire national. Port-au-Prince consomme 71% de la totalité du charbon utilisé en Haïti soit 550 tonnes par jour ce qui équivaut à 80 camions de 250 sacs, chacun. Il existe également à Port-au-Prince un nombre croissant de restaurants de rues (machan’n mangé kwit) à travers les rues estimées à un peu plus de 10.000. Tous les ménages et les restaurants ambulants utilisent sans exception les réchauds traditionnels. Le Gaz de Pétrole Liquéfié La consommation annuelle de
GPL (gaz de pétrole liquéfié) a atteint 10.500 tonnes
en 1998. Les statistiques ont montré que les évolutions dans
la consommation ont été très modestes au cours des
dix (10) dernières années en dépit des efforts consentis
par Shell Sodigaz en 1989 et tout récemment (1997) par Elf Servigaz.
Cette quantité représente, en l’an 2000 environ 5% de la
consommation des ménages urbains dans le bilan énergétique
national. Il faudrait donc multiplier par 12 la consommation
Le Kérosène Le kérosène est très largement disponible à travers le pays, c’est une source d’énergie très populaire utilisée pour l’éclairage. Son utilisation comme combustible de cuisson n’est pas encore généralisée bien qu’un nombre croissant de réchauds à kérosène importés font actuellement leur apparition sur le marché. Cependant, il n’y a aucun signe irréfutable que le kérosène sera utilisé à grande échelle pour la cuisson sans une campagne de promotion agressive et de longue haleine. Aspects économiques des combustibles de cuisson Les sources d’énergies
domestique en Haïti ont un coût qui varie en fonction de la
quantité achetée. Par exemple, le charbon de bois acheté
par sac coûte 50% moins cher que lorsqu’il est acheté
par marmite. Le GPL contenu dans les bonbonnes de 6lbs, revient presque
une fois et demi plus cher que celui obtenu dans les bonbonnes de 25 lbs.
Cette contrainte de marché affecte de façon significative
les analyses économiques effectuées sur les combustibles
de cuisson. Les coûts comparés des différentes sources
Les familles pauvres subissent donc les contraintes de leur situation financière. Elles sont en effet obligées de faire tous leurs achats en petites quantités et de ce fait elles payent beaucoup plus cher. D’un autre côté, la majeure partie des familles doivent se résigner à acheter des équipements énergétiques bon marché puisqu’il leur sera virtuellement impossible de trouver l’investissement nécessaire pour se procurer les équipements modernes performants. Un système de crédit serait un mécanisme très utile pour faciliter l’accès aux réchauds GPL mais la majorité des vendeurs ont beaucoup d’appréhension quant à l’octroi de crédit sur des articles aussi petits. Les agences d’aide travaillant avec des groupements communautaires pourraient constituer un créneau assez intéressant pour mettre en oeuvre un mécanisme de crédit à peu de risques. Le kérosène
est aussi une option importante. Son “coût d’énergie utile”
par gallon est d’environ 20% moins cher que le charbon acheté par
sac. Il peut être comme le charbon, acheté en petites quantités
et les réchauds à kérosène peuvent aussi être
produits à un coût relativement bon marché. Cette conjonction
de facteurs peut rendre le kérosène très attractif
pour les familles faisant face à des difficultés financières.
Cependant, l’utilisation dans le passé de réchauds non performants
a provoqué chez les
Une substitution totale des
combustibles ligneux par des produits importés entraînera
certainement une aggravation du déficit de notre balance de paiement
en faisant presque doubler la facture pétrolière. Mais les
conséquences écologiques de notre structure énergétique
justifient toute initiative de substitution moyennant la mise en place
d’un système de gestion qui limite les pertes au maximum. De toute
façon, comme disait l’autre, il vaut mieux importer des produits
de substitution aujourd’hui que
Aspects écologiques des combustibles de cuisson Dans le passé, la production
de charbon s’était surtout concentrée dans les régions
Nord, Nord Est et la région centrale du pays lesquelles ne contiennent
presque plus d’arbres. A présent la filière de production
semble se situer dans le Sud Est, le Sud et la Grand Anse.
La satisfaction de la demande en charbon se fait actuellement suivant un
processus minier. C’est-à-dire à caractère non durable.
En effet, la coupe systématique des arbres entraîne l’érosion
des sols et des multiples conséquences pour l’agriculture et la
biodiversité. Satisfaire la demande de plus en plus
croissante en charbon n’est tout simplement pas soutenable
surtout lorsqu’elle continue à s’accroître au taux de
5% pas an, le même que celui de la population de Port-au-Prince et
d’autres villes et cités. La pauvreté en milieu rural est
un facteur qui contribue à encourager la production du charbon
pour compenser les récoltes chaque jour de plus en plus maigres.
A cet égard, le secteur Agriculture et Ressources Naturelles a un
rôle important à jouer pour augmenter la production agricole
et réduire la nécessite de produire du charbon. Il demeure
entendu que ces efforts doivent être fortement soutenus par une bonne
gestion de la demande qui consiste à faire baisser la consommation
tout en respectant les besoins de familles.
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