Editorial
L’arbre est la principale source d’énergie
en Haïti. On s’en sert surtout pour la cuisine, pour certaines activités
commerciales et industrielles traditionnelles et, dans une moindre mesure,
pour le chauffage. Cette utilisation massive provoque l’étiolement
des ressources forestières, qui entraîne à son tour
de nombreux problèmes écologiques et sociaux allant bien
au-delà de la pénurie de bois : le sol se détériore
et retient moins d’eau à mesure que les arbres disparaissent, ce
qui provoque désertification dans certaines régions et inondations
dans d’autres. Même si la population a conscience des problèmes
que cause à long terme cette ponction continue, elle ne peut renoncer
à cuisiner et elle est la plupart du temps trop pauvre pour se tourner
vers d’autres combustibles. Les solutions proposées vont du reboisement
à l’utilisation d’autres sources énergétiques renouvelables
(déchets végétaux, biogaz et cuisinières à
énergie solaire). Tout en étant importantes, ces possibilités
portent sur le long terme et n’ont pas d’incidence sur les usages présents
du bois. Le seul espoir immédiat est de réduire la pression
actuellement exercée sur les ressources forestières. Une
diminution de la consommation, ne serait-ce que de dix ou vingt pour cent,
pourrait avoir des résultats significatifs. On peut y arriver par
l’élaboration et la vulgarisation de foyers et de pratiques culinaires
plus efficaces. Ces foyers doivent bien entendu être bon marché
et répondre aux besoins locaux. Deux types de foyers rencontrent
ces critères : les foyers améliorés au charbon, qui
réduisent la consommation de charbon de bois d’environ 35%, et les
cuisinières à gaz ou au kérosène, solution
idéale, dont la diffusion à large échelle permettra
de remplacer progressivement le charbon de bois par des combustibles n’ayant
aucune incidence sur l’éco-système haïtien.
Ces nouveaux équipements auront par ailleurs
l’avantage non négligeable d’améliorer notablement les conditions
dans lesquelles sont préparés les repas: la fumée
qui s’échappe de feux nus ou de fours inefficaces peut en effet
créer un environnement insalubre et malsain, provoquer des troubles
visuels ou respiratoires, entraîner des cas de brûlures et
d’ébouillantage. Les foyers améliorés au charbon,
ainsi que les réchauds à gaz et à kérosène,
contribueront par là au confort et à la sécurité
des ménagères.