LA SITUATION ENERGÉTIQUE EN HAÏTI
Malgré l’état de dégradation
de l’environnement haïtien, ce pays tire chaque année 80% de
ses besoins énergétiques des ressources locales (bois de
feu et charbon de bois 71%, bagasse 4% et hydroénergie 5%). Il en
est donc résulté un déficit chronique des ressources
ligneuses de plus de 50% chaque année. Les produits pétroliers
contribuent à apporter les 20% restants de la demande annuelle en
combustibles.
LES SOURCES ENERGÉTIQUES UTILISÉES
Bois de feu et Charbon de bois
Pour faire face aux besoins en combustibles
ligneux, le pays est obligé d’abattre chaque année entre
12 à 30 millions d’arbres ce qui équivaut à une consommation
oscillant entre 3.4 à 3.7 millions de tonnes de bois de feu (1.607.000
- 1.749.000 tonnes d’équivalent en pétrole). De ce total
34 à 37% sont prélevés pour être convertis en
charbon de bois dont la quantité varie entre 250 et 280.000 tonnes
chaque année.
. Tableau 1. ESTIMATION DE LA CONSOMMATION
DU BOIS DE FEU, 1993
| Secteurs
de consommation |
Quantité (en
milliers)
|
%
|
Origine
|
|
Tonnes
|
m3
|
| Bois
de feu
Ménages
Boulangerie, Dry-Cleaning, Four à chaux
Industrie rurale (moulins, guildives, huiles essentielles) |
2655.0
2250.0
68.0
103.0
233.0
|
3865.0
3275.0
100.0
150.0
340.0
|
65.5
|
Bois mort, petit bois
Bois vert, abattage
Émondage, grands arbres non désirés,
arbres récoltés le long des ravins (villes)
Bois d’oeuvre et espèces fruitières |
Charbon
de bois
-
Ménages urbains
-
Secteurs informel, autres
|
1400.0
1150.0
250.0
|
2038.0
1674.0
364.0
|
34.5
|
Bois
vert provenant des opérations de nettoyage, de jachère et
d’écosystèmes fragiles (mangliers principalement) |
| TOTAL |
4055.0
|
5903.0
|
100.0
|
|
Utilisation du charbon de bois: 0.42 kg/capita/jour
(Matly et Médina 1990)
Utilisation du bois de feu 1.5 kg/capita/jour.
Secteur informel (ESMAP/BME 1991)
Boulangerie et Dry Clening (Grosenick et Kooi)
Le revenu tiré du charbon de
bois seulement est de l’ordre de US $ 65 millions, tandis que celui tiré
de tous les produits dérivés du pétrole est d’environ
US $ 100 millions, dont 9.5 millions pour le GPL. Environ 30% du revenu
du charbon de bois est redistribué dans le milieu rural.
Utilisation de la bagasse
Avec la disparition des centrales sucrières
modernes, la consommation de la bagasse a beaucoup baissé en Haïti.
Cependant, le potentiel de cette ressource énergétique locale,
reste très élevé. Il a été estimé
qu’une quantité de 140.000 tonnes de bagasse environ est disponible
chaque année au niveau des moulins et guildives qui ne consomment
que 15% de la quantité de bagasse produite. Les petits moulins produisant
le sirop consomment uniquement la bagasse tandis que les mini-distilleries
ou guildives, qui produisent de "l’alcool agricole" ou clairin à
partir du sirop, consomment (à l’exception de quelques unes) le
bois de feu comme combustible. Le potentiel énergétique de
la bagasse produite dans les distilleries en Haïti oscille entre 37
et 56 mille tonnes équivalent en pétrole (TEP).
Utilisation
de l’hydroénergie
La production électrique à
partir des ressources hydrauliques a commencé depuis 1971 après
l’entrée en service de la Centrale Hydro-électrique de Péligre
d’une capacité installée de 47.1 MW. Cette Centrale produit
ordinairement entre 220 à 320 GWh suivant la variabilité
des apports annuels du fleuve Artibonite. Par la suite l’ED’H a élaboré
et éxécuté un programme de développement de
minicentrales totalisant 7.8 MW réparties sur sept (7) sites, tous
situés en province. Il s’agit de petites centrales dont la puissance
installée varie entre 0,30 et 2,25 MW.(Voir tableau III pour détails)
Ce potentiel hydroélectrique
développé a rendu un service important à la communauté
haïtienne au fur et à mesure de sa mise en service principalement
dans les moments difficiles où l’Electricité d’Haïti
se trouvait confrontée à des problèmes d’approvisionnement
en combustibles pétroliers.
En 1973 l’énergie hydroélectrique
a permis de produire plus de 94% de l’offre en énergie électrique
du pays. Au cours des ans la proportion a baissé jusqu’à
atteindre de nos jours 40% de l’offre. Les prévisions pour les prochaines
années accusent cette tendance à la baisse.
Les produits Pétroliers
L’importation des produits pétroliers
n’a cessé d’augmenter, il est passé de 13% du bilan énergétique
national en 1973, soit 969.000 barils à 20% en 1995, soit 2.006.312
barils. En 1990, on a même enregistré un record de 2.6 millions
de barils de produits pétroliers importés. Cette croissance
de la demande énergétique qui peut atteindre 150% pour certaines
années n’est pas traduite en proportion dans l’économie haïtienne.
Entre 1986 et 1989 la croissance de l’économie a même été
négative malgré une augmentation de 8% environ de la consommation
énergétique totale. La croissance de la consommation des
produits pétroliers est en grande partie due à l’augmentation
des demandes finales des secteurs des transports et de l’industrie. Le
secteur des transports est responsable de 60% des augmentations enregistrées
au niveau des hydrocarbures. En outre, le pays consacre entre 30 et 50%
des devises générées annuellement par les exportations
pour couvrir les importations de produits pétroliers.
LES SECTEURS DE CONSOMMATION
L’énergie produite ou importée
en Haïti est utilisée dans quatre grands secteurs qui sont:
le secteur domestique (constitué par le groupe des ménages,
commerce et service), le secteur électrique, le secteur industrie
(divisé en industrie moderne et industrie traditionnelle), et enfin
le secteur transport (aérien, maritime et terrestre).
Le secteur domestique
Le secteur domestique demeure le secteur
le plus important en terme de consommation énergétique globale.
Il consomme en moyenne 70% du total réparti comme suit: le bois
de feu et dérivés 95%, le kérosène 2%, l’électricité
2% et le GPL 1%. Cependant, ce secteur est très inefficace en terme
de rendement à l’utilisation. Environ 20% seulement de toute l’énergie
consommée est effectivement utilisée.
Le Secteur Electrique
Le secteur électrique
malgré un poids élevé sur les investissements et sur
la consommation des produits pétroliers (environ 20% par année),
ne constitue que 2% du bilan énergétique national. Ses mauvaises
performances (plus de 50% des pertes dues à la fraude), son faible
taux de couverture (moins de 10% des ménages) et sa faible capacité
installée (environ 30 Watts/habitants contre 346 Watts/habitant
pour la région Caraïbe) en font un des principaux obstacles
au développement économique et social du pays.
Le Secteur Industrie
Le secteur industrie représente
entre 15 et 20% de la consommation finale d’énergie du pays. En
1989 son apport au PIB a été de 14.77%. L’énergie
joue un rôle important dans le fonctionnement du secteur, c’est pourquoi
il est impératif de maintenir et d’accroitre la fourniture d’énergie
de façon à éviter toute rupture dans l’approvisionnement
favorisant ainsi la croissance du secteur.
Entre 160 à 200.000 tonnes de
bois de feu sont consommés par l’industrie traditionnelle chaque
année. Cependant l’utilisation de cette source d’énergie
renouvelable est faite sans compensation. Ni les consommateurs, ni les
institutions concernées n’ont pensé à l’aspect renouvellement
de la ressource à travers un programme de production rationnelle
de bois-énergie qui pourrait compenser ces prélèvements
annuels importants. Le bois de feu utilisé dans l’industrie constitue
donc l’une des causes de déforestation du pays (Moran et all. 1989).
Le Secteur Transport
Les facteurs qui déterminent
la demande toujours croissante d’énergie (environ 60% du volume
total des produits pétroliers importés) dans le secteur transport
sont multiples et doivent être controlés. Cette demande n’est
pas simplement due à l’augmentation du parc automobile, estimé
à plus de 100.000 véhicules toutes catégories confondues.
Une bonne partie de cette demande est occasionnée par l’absence
de controle de la qualité du parc automobile, le mauvais état
des routes, les embouteillages monstres enregistrés dans les villes
ainsi que l’inefficacité de la gestion de la circulation automobile
dans les centres urbains.
POTENTIEL ENERGÉTIQUE ET PERSPECTIVES
Dans une perspective de pallier à
ces carences, il est difficile de compter sur les sources d’énergies
locales conventionnelles. On ne connait à date que l’existence d’un
petit gisement de lignite de très mauvaise qualité avec des
réserves prouvées de 13 millions de tonnes environ. Cependant
en mettant à profit le potentiel élevé en énergies
renouvelables, principalement l’énergie solaire, l’énergie
éolienne, les déchets de toutes sortes soit sous leur forme
directe (cas des déchets végétaux comme la bagasse)
ou sous forme de biogaz (cas des déchets animaux et de ville), il
est possible de changer la pratique énergétique actuellement
en usage dans le pays. Il est néanmoins malheureux de constater
qu’aucun effort n’est envisagé en vue de tirer parti de ces ressources
disponibles en abondance.
Tableau 2. Evaluation des ressources
ligneuses d’Haïti en 1989.
|
Catégorie d’Occupation
|
Surface Estimée
(en 1000 ha)
|
Bois sur Pied
(en 1000 m3)
|
Forêts de feuillus
Forêts de pins
Formations Sylvo-Pastorales
Mangroves
Cultures Arborées Denses
Cultures Arborées Claires
Autres (cultures herbacées, etc) |
144.0
68.0
290.0
15.0
170.0
400.0
1.683.0
|
7.800.0
2.320.0
5.155.0
525.0
5.100.0
6.400.0
10.093.0
|
| TOTAL |
2.700.0
|
37.395.0
|
Source: Association Internationale de Développement.
Gestion des Ressources Naturelles en vue d’un
Développement Durable en Haïti. No.
1786-HA Ministère de l’Economie et des Finances. BDPA/SCET AGRI.
1989, 2 vol.
Potentiel en
Ressources Ligneuses
Les prélèvements annuels
de bois de feu dépassent la capacité de régénération
naturelle des arbres ce qui entraine un déficit manifesté
par une diminution progressive du couvert végétal qui,de
60% en 1923, est passé à 18% en 1952 et à 1.44% en
1989. (Source ECMU/PNUD 1996)
Ces réserves totales estimées
pour l’année 1989 à 37.4 millions de m3
représentent six années de production en tenant compte
de la demande totale en bois du pays (bois de feu et bois d’oeuvre) ce
qui est effectivement inquiétant tenant compte du déficit
accumulé dans la production du bois du pays depuis déjà
plusieurs dizaines d’années. Si cette tendance se maintient il n’est
pas alarmiste de dire que le "désastre écologique", annoncé
pour Haïti au début du siècle prochain ,est imminent,
malgré les performances, non documentées, mais constatées
par les exploitants des zones semi-arides mises en defens peuplées
de bayahonde, de gaiac et de délin, qui ont grandement contribué
à la production du bois-énergie depuis déjà
plusieurs dizaines d’années.
Potentiel Bioénergétique
On trouve en Haïti de nombreux
déchets végétaux provenant du café, du coton,
des cultures céréalières et de l’extraction des huiles
essentielles. Du point de vue énergétique ces déchets
sont utilisables, cependant étant donné leur grande dispersion
il est très difficile de les utiliser à l’endroit où
ils sont générés. De plus la spécificité
propre à chacun de ces déchets fait appel à des techniques
spéciales pour chacun d’eux. Les déchets de ferme (fiantes
de poulets, bouse de vache, de porcs, de cabrits, des équidés,
etc… ) ainsi que les déchets de ville peuvent facilement être
convertis en biogaz prêt à l’usage. Cependant, le problème
de collecte doit d’abord être maitrisé principalement pour
les déchets de ville et dans le cas de l’élevage libre.
Potentiel hydroénergétique
On évalue à 153.58 MW
le potentiel énergétique total des sites
hydroélectriques non développés en Haïti. De
ce total 85% (soit 130.7 MW) sont constitués par 4 grosses centrales
allant de 22 à 45 MW et le reste 15% (soit 22.58 MW) sont constitués
de 27 petites centrales allant de 0.10 à 2.57 MW avec des hauteurs
de chute variant de 2.1 à 111.0 mètres. Ce sont donc des
mini et micro centrales capables d’utiliser les deux types principaux de
turbines les plus exploitées à travers le monde: les turbines
à réaction et les turbines à action.
Potentiel
en d’autres sources d’énergies nouvelles
L’énergie solaire a toujours été
utilisée en Haïti sous forme directe soit pour le séchage
des linges, des produits agricoles et de la pêche. Ce n’est que tout
récemment que des applications technologiques de l’énergie
solaire ont fait leur apparition dans les moeurs de la société
haïtienne. Ceci s’est amplifié au cours de la période
d’embargo avec l’importation massive de modules photovoltaïques destinés
au secteur domestique en particulier, pour suppléer aux longues
coupures d’électricité en réseau. Cependant, il y
a un effort certain à faire avant de pouvoir exploiter de façon
rationnelle le potentiel d’Haïti en énergie solaire. Car la
position géographique d’Haïti, située juste au Nord
de l’Equateur (20 degrés de latitude) lui permet de bénéficier
d’un ensoleillement moyen de 5-6 heures par jour à longueur d’années.
Le potentiel éolien d’Haïti
est surtout concentré dans le Nord’Ouest principalement sur le versant
nord de l’île de la Tortue où les vents ont une vitesse moyenne
de 5-7 mètres par seconde, ce qui est relativement intéressant
pour des applications telles l’exploitation d’aérogénérateurs
(production de courant électrique) et le pompage d’eau souterraine.
Néanmoins, les choix technologiques sont importants dans chacun
des cas.
CONSOMMATION ENERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENT
Les effets de la longue pratique énergétique
nationale sont encore d’avantage ressentis sur l’environnement. Certains
sont immédiatement perceptibles d’autres le seront à moyen
et long terme. Les chiffres concernant le déboisement sont des plus
alarmants et traduisent bien l’état de la crise en matière
de combustibles ligneux et le déboisement. Nous en avons relevé
les plus frappants:
La couverture forestière du
pays déclina de 37% entre 1956 et 1978 et est actuellement estimée
à seulement 1.44% de la superficie totale du pays, qui est de 27.500
km2 seulement.Le déboisement intensif du pays entraine
une érosion accélérée des pentes, et est imputable
à la satisfaction des besoins énergétiques et alimentaires
d’une population de plus en plus nombreuse. "Les forêts jouent
un rôle déterminant dans la protection de l’environnement
surtout dans les pays tropicaux à écosystèmes fragiles,
où elles devraient représenter 50 à 60% de l’occupation
de l’espace. Or dans un pays montagneux comme Haïti où ces
critères sont réunis, il n’existe plus que quelques reliques
de forêts naturelles de pins et de feuillus ne couvrant pas plus
de 1.4% du territoire."
D’après les calculs la perte
totale annuelle en sols est évaluée à 36.6 millions
de tonnes soit 1353 tonnes/km2/an. Ceci correspond à
2000 ha de sols érodés sur 1.2m d’épaisseur. A
partir d’une évaluation de la production agricole d’un (1) km2
de cultures de 33 différents terroirs des superficies de ces cultures,
et de la répartition de chaque classe de pentes, il a été
possible de chiffrer les pertes annuelles par régions de planification
à environ 2.350.000 dollars américains les pertes annuelles
dues à l’érosion des terres agricoles, (BDPA-SCETAGRI octobre
1990 page 57), soit 77.55 millions de dollars au total, chiffres très
conservateur dues à la diffficulté de trouver des données
statistiques fines susceptibles de réduire les marges d’erreur.
Malgré l’existence d’une abondante
législation dans le domaine de la protection des ressources forestières
et de l’environnement, la politique
officielle de l’Etat en matière de gestion des ressources ligneuses
n’est pas bien tracée. De nombreux efforts ont été
déployés, surtout par les institutions internationales et
les organismes non gouvernementales, pour contrecarrer cette tendance catastrophique.
Cependant, l’absence d’un guide officiel en la matière a rendu ces
efforts infructueux, voire totalement inopérant dans certains cas.
L’échec constaté dans le domaine de la réhabilitation
de l’environnement doit être recherché dans la culture haïtienne
elle-même. On déboise par ignorance, on déboise pour
la production d’énergie, on déboise pour augmenter l’espace
agricole, on déboise pour la construction, on déboise enfin
pour des raisons militaires et politiques.
ENERGIE
ET POLLUTION EN HAÏTI
Tous les systèmes de production,
de conversion et d’utilisation de l’énergie ont des conséquences
nuisibles sur l’environnement. La biomasse et les combustibles fossiles
sur lesquels se base la structure énergétique d’Haïti
ont des retombées sur l’environnement qui diffèrent selon
le volume et les méthodes utilisées au cours des différentes
étapes du processus.
La biomasse
La biomasse est souvent utilisée
selon des méthodes peu rentables qui ne peuvent en garantir l’exploitation
durable. L’abattage inconsidéré des arbres et le défrichage
des lots boisés aux fins de production de combustibles ligneux contribuent
au déboisement et partant, favorisent la désertification,
l’envasement des réservoirs, les glissements de terrain et les inondations,
aggravant ainsi la pénurie des combustibles.
Les réchauds à trois pierres
et les foyers ouverts sans cheminée utilisés au moment de
la combustion du bois-énergie sont à l’origine de problèmes
de pollution qui peuvent être grave dans certaines circonstances.
Les conséquences sanitaires de la combustion de la biomasse sont
connues. Les risques d’exposition aux polluants auxquels sont soumis les
occupants des habitations villageoises sont supérieurs à
ceux résultant de l’intoxication tabagique passive dans les pays
développés. Il en est résulté des maladies
des voies respiratoires et des insuffisances pondérales à
la naissance.
Les combustibles fossiles
Les risques de pollution associés
à l’utilisation des combustibles fossiles sont surtout sérieux
au niveau des agglomérations urbaines où se trouvent concentrés
la plus grande partie des industries grosses consommatrices ainsi que la
majorité de véhicules à moteur. Dans ce dernier cas
la situation est assez sérieuse pour que des actions de réglementation
soient envisagées dans le court terme. La nature et le niveau des
polluants dégagés par les pots d’échappement des véhicules
à moteur sont de nature à susciter des inquiétudes.
Quand on sait que le niveau des polluants générés
dans les transports et les industries (CO2, CO, SOx, NOx, et d’autres particules)
ne sont pas réglementés, et compte tenu de la densité
des kilomètres parcourus et de la densité de la population
par km2 dans certaines régions de Port-au-Prince on en déduit
que les risques de contamination de l’air sont élevés et
partant, ceux encourus par la population.
ANALYSE DU SYSTÈME ÉNERGÉTIQUE
HAÏTIEN
Haïti est rangée parmi
les pays qui consomment le moins d’énergie (dix fois moins d’énergie
consommée au total et quatre fois moins d’énergie per capita
que la moyenne de la région Amérique Latine et Caraïbe.
Cette disproportion est encore plus flagrante quand on compare la consommation
des villes à celles des campagnes haïtiennes. En Haïti
un citadin consomme 13 fois plus d’énergie qu’un paysan puisque
le premier consomme 0.51 Tep/hab alors que le second n’en consomme que
0.04.
Les mauvaises performances du secteur
énergétique sont dues notamment à une gestion inefficace
ainsi qu’à l’absence totale de politique en la matière. Il
n’est donc pas étonnant que tous les secteurs de la vie nationale
en ressentent les contre-coups, l’énergie étant le moteur
du développement.
Les traits caractéristiques
généraux observés dans le système énergétique
haïtien sont les conséquences de la situation de sous-développement
qui caractérise le pays. On y retrouve les phénomènes
de dépendance par rapport à l’extérieur,
de désarticulation par rapport à la situation
locale, tant du coté de l’aprovisionnement que des usages, d’inadéquation
aux besoins fondamentaux et d’agression sur le milieu naturel.
On constate en Haïti que les sous-systèmes
pétroliers, électrique et bois de feu ont évolué
de façon autonome sans stratégie et politique énergétique
d’ensemble, ce qui a donné lieu à bien des incohérences
et des pertes d’efficacité. De même, très peu de cas
a été fait des avantages qui pourraient découler de
l’amélioration des performances dans l’utilisation des énergies
traditionnelles ainsi que ceux qu’on pourrait obtenir par le recours éventuel
aux énergies nouvelles.
Le résultat des actions dans
le domaine énergétique s’est traduit par un comportement
des acteurs vis-à-vis de l’offre, ignorant les avantages d’une action
efficace sur la demande grâce à une stratégie d’utilisation
rationnelle de l’énergie. Et même dans ce cas les choix ont
été laissés aux entreprises productrices dont la tendance
naturelle est d’améliorer l’efficacité de leur propre sous-système
et non celui du système énergétique dans son ensemble.
Des possibilités de substitutions entre diverses sources n’ont pas
été prises en compte, de même certaines solutions faciles
ont été négligées telles l’adaptation des énergies
nouvelles (solaire thermique, solaire photovoltaique, mini-hydraulique,
éolienne, etc..,) aux besoins de développement de zones marginales
et de zones isolées.
NÉCESSITÉ D’UNE STRATÉGIE
POUR L’ÉNERGIE DOMESTIQUE
En vertu de ce qui précède,
les exploitants du bois-énergie, les distributeurs et les vendeurs
qui dépendent entièrement des revenus générés
par cette activité subissent en même temps les dures conséquences
de sa rareté. Quant aux consommateurs du charbon de bois, particulièrement
les plus pauvres vivant dans les zones marginales des grandes villes, ils
sont les plus touchés, étant obligé d’acquérir
à un prix de plus en plus élevé une ressource de plus
en plus rare avec des revenus de plus en plus limités. La surexploitation
du potentiel ligneux concerne des espaces de plus en importants pour répondre
entre autres à la demande de plus en plus croissante en charbon
de bois des villes et en particulier de la région métropolitaine
de Port-au-Prince. Dans les zones de fortes pénuries en ressources
ligneuses, la surexploitation se traduit par un processus de désertification
dont les conséquences dépassent largement le problème
de l’approvisionnement en bois. La déforestation, ainsi que les
problèmes qui en résultent, inquiète les pouvoirs
publics haïtiens. Aussi ont ils décidé d’agir sur les
causes du problème qui ont été identifiés comme
étant d’une part, la satisfaction de la demande énergétique
des agglomérations urbaines et d’autre part, le sous emploi en milieu
rural et les besoins de compléments de revenus qui incitent les
paysans à diversifier leurs activités de production.
Préoccupés par les conséquences
écologiques, économiques et humaines que provoque la demande
accrue du bois-énergie, le Ministère de l’Environnement dont
la préoccupation principale est de lutter contre la dégradation
de l’environnement, et le Bureau des Mines et de l’Energie dont la préoccupation
principale est de promouvoir l’utilisation de l’énergie au moindre
coût et sans risque pour l’environnement, ont décidé
de prendre toutes les mesures en vue de proposer des alternatives aux exploitants,
aux consommateurs et aux distributeurs du bois-énergie.
DEUXIÈME PARTIE
STRATÉGIE POUR L’ÉNERGIE
DOMESTIQUE
LES COMPOSANTES DE LA STRATÉGIE
Le déficit provoqué par
la surexploitation du bois-énergie en Haïti se situe à
un niveau tel qu’il ne peut être résorbé que par une
combinaison de maximum d’actions contribuant à accroître le
potentiel forestier, à réduire les pertes et les gaspillages
et à favoriser les substitutions au profit d’autres énergies
d’origine locales ou importées. Un programme de plantations forestières
quelle qu’en soit l’ampleur, ne pourrait résoudre le problème
de surexploitation qu’après plusieurs décennies, le temps
nécéssaire pour que les arbres puissent être exploitables.
A court terme il est donc impératif de réduire la consommation
de bois et de charbon de bois.
C’est dans ce contexte que la stratégie
proposée pour l’énergie domestique a été établie
et définie en fonction des cinq (5) composantes suivantes:
1. la mise en place d’actions de
promotion de la consommation de produits énergétiques importés
en substitution au produits ligneux locaux;
2. le développement d’actions
orientées vers la réduction de la consommation du bois-énergie,
luttes contre les pertes et les gaspillages;
3. la mise en place d’actions de promotion
de la consommation des sources d’énergies endogènes, conventionnelles
et non-conventionnelles, alternatives au bois-énergie;
-
l’établissement de plantations
énergétiques en prévision du reliquat de consommations
urbaines futures de bois de feu et de charbon de bois.
-
la mise en place d’actions de promotion
visant la création de micro-entreprises dans le domaine de la technologie
d’utilisation du bois de feu et du charbon de bois ainsi que des combustibles
de substitution de ces produits.
Les activités ayant rapport au
reboisement (plantations énergétiques) et à la gestion
des forêts sont prises en main par les services compétents
des Minsitères de l’environnement et de l’agriculture à travers
différents projets supportés par les bailleurs de fonds internationaux.
Elles ne seront pas étudiées en détail dans ce document.
La stratégie pour l’énergie domestique mettra l’accent sur
les aspects les plus désastreux pour l’environnement de l’offre
(production) et de la consommation (demande) du charbon de bois.
LES GRANDES LIGNES DE LA STRATÉGIE
Le plan d’action de la stratégie
repose sur deux (2) grands axes : a) des alternatives destinées
aux consommateurs du bois énergie; b) des alternatives destinées
aux exploitants du bois-énergie.
Alternatives aux consommateurs du bois-énergie
Les activités proposées
seront de deux ordres: les options d’économie, de recyclage et/ou
de substitution du charbon de bois et du bois de feu et les activités
d’appui complémentaires.
Option d’économie et de substitution
du charbon de bois par des combustibles pétroliers
Les options d’économie et/ou
de substitution de charbon de bois ont pour objectifs de réduire
annuellement de 29% environ la consommation en bois-énergie du pays
après quatre années de mise en oeuvre des composantes de
la stratégie soit 82,300 tonnes de charbon sur les 286,000 tonnes
qui représenteraient la consommation totale annuelle prévue
sans l’éxécution des projets. (voir tableau 6)
Les principales options d’économie
et/ou de substitution (conservation des ressources) retenues pour cette
filière sont:
-
Promotion et commercialisation des cuisinières
améliorées dans les résidences privées et dans
le secteur informel (restauration de rues) dont l’objectif est de réaliser
une économie partielle de 10.35%;
-
Incitation à une plus grande utilisation
du gaz dans les familles qui utilisent déjà le gaz mais de
façon irrégulière avec pour objectif de réaliser
une substitution de l’ordre de 12.30%;
-
Promotion de l’utilisation de cuisinières
au kérosène performantes, particulièrement dans les
familles qui ne consomment que le charbon de bois;
-
Diffusion de cuisinières améliorées
à charbon et à kérosène dans les cantines scolaires
qui généralement utilisent le bois de feu comme combustibles
au lieu du charbon de bois.
Le projet de foyers améliorés
et de substitution par les combustibles pétroliers
L’étude de la mise en place
de ces options a permis de retenir un projet intitulé "Cuisinières
améliorées et substitutions par des combustibles pétroliers"
subdivisé en six (6) grands volets: charbon de bois, kérosène,
gas propane et butane, secteur informel, cantines scolaires et étude
d’impact sur la consommation énergétique. Les tableaux suivants
résument le budget du projet par composante, par année et
par activité.
| Tableau 3. Projet de substitution
de combustibles et de foyers améliorés
(Budget résumé
des activités en US $)
|
|
Activités
Projet |
Commer-ciAlisation |
Campagne
de promotion |
Suivi/eva-
luation |
Appui Technique |
Total 1-4 |
| Charbon de
bois
Kérosène
Gaz
Secteur Informel
Cantines
Etude d’Impact |
406.780.0
192.060.0
-
120.000.0
419.650.0
-
|
661.320.0
520.520.0
514.250.0
283.000.0
350.020
-
|
95.590.0
62.150.0
77.000.0
47.300.0
50.600.0
188.650.0
|
315.150.0
217.250.0
169.400.0
130.500.0
123.200.0
96.250.0
|
1.478.840.0
991.980.0
760.650.0
580.800.0
943.470.0
284.900.0
|
| Total |
1.138.490.0
|
2.329.110.0
|
521.290.0
|
1.051.750.0
|
5.040.640.0
|
Source: CARE-Haiti/ BME,
Novembre 1997.
Tel que mentionné dans la fiche
technique de chacun de ces volets annexée à ce document,
et réflété dans le budget étalé dans
le temps, l’accent sera mis au cours des deux premières années,
en particulier, sur la composante cuisinières améliorées
à charbon suivie des composantes kérosène et cantines
scolaires.
| Tableau 4. Projet de substitution
de combustible et de foyers améliorés
(Budget résumé Annuel
en US $)
|
|
Année
Projet |
1
|
2
|
3
|
4
|
Total 1-4 |
| Charbon de
bois
Kérosène
Gaz
Secteur Informel
Cantines
Etude d’Impact |
571.362.0
297.231.0
80.080.0
185.460.0
285.714.0
83.820.0
|
508.255.0
407.132.0
359.590.0
238.535.0
357.478.0
67.155.0
|
255.849.0
193.721.0
245.465.0
114.070.0
211.299.0
51.260.0
|
143.374.0
93.896.0
75.515.0
60.335.0
88.979.0
82.665.0
|
1.478.840.0
991.980.0
760.650.0
598.400.0
943.470.0
284.900.0
|
| Total |
1.503.667.0
|
1.938.145.0
|
1.071.664.0
|
544.764.0
|
5.058.240.0
|
Source: CARE-Haiti/ BME,
Novembre 1997.
A la deuxième année débuteront
des actions majeures sur les composantes GPL et secteur informel. L’aspect
évaluation de l’impact sur l’environnement débutera dès
la première année et se poursuivra jusqu’à la fin
des projets avec un accent particulier à la dernière année.
La mise en oeuvre de ce projet va entrainer
dans l’économie des investissements au niveau des secteurs concernés
en termes d’acquisition et de remplacement d’équipements, d’augmentation
des importations en combustibles ainsi que des frais de gestion. Le tableau
5 suivant fait un résumé de ces invetissements par rubrique
et par année.
| Tableau 5. Investissement total
par rubrique et par année
(en dollars américains)
|
|
Année
Rubrique |
1
|
2
|
3
|
4
|
5
|
Total
(en ooo)
|
| Cuisinières
Améliorées
Remplacement
Restauration de rues
Remplacement
Cuisinières à kérosène
Cuisinières à gaz (Bip)
Coûts des Combustibles
- Kérosène
- GPL |
65.000.0
-
3.000.0
-
169.000.0
880.000.0
297.000.0
1.407.000.0
|
195.000.0
65.000.0
23.000.0
3.000.0
394.000.0
1.980.000.0
694.000.0
4.572.000.0
|
347.000.0
195.000.0
46.000.0
23.000.0
675.000.0
1.760.000.0
1.190.000.0
5.978.000.0
|
437.000.0
347.000.0
66.000.0
46.000.0
1.125.000.0
2.640.000.0
1.983.000.0
7.033.000.0
|
-
434.000.0
66.000.0
-
-
1.983.000.0
7.033.000.0
|
1.044.0
1.041.0
138.0
138.0
2.363.0
7.260.0
6.147.0
26.023.0
|
| Coût
de gestion (Cantines non compris) |
1.218.000.0
|
1.581.000.0
|
860.000.0
|
456.000.0
|
-
|
4.115.0
|
| Total |
4.039.000.0
|
9.507.000.0
|
11.074.000.0
|
14.133.000.0
|
9.516.000.0
|
48.269.0
|
Source: CARE-Haiti/ BME,
Novembre 1997.
Les besoins de financement sont donc
seulement de l’ordre de 5 millions de dollars américains, cependant,
le total des dépenses y compris le coût des combustibles de
substitution importés (kérosène, GPL) et le coût
de gestion du projet s’élèvent à 48 millions de dollars
américains pour les cinq (5) premières années.
Par ailleurs l’analyse coûts-bénéfices
a abouti à des bénéfices nets de l’ordre de 24.75
millions de dollars américains et à une valeur actualisée
à 12% de 15.37 millions de dollars américains. Ce qui indique
que, en termes économiques, les options d’économie et / ou
de substitution retenues sont assez intéressantes.
Les résultats du projet
Les résultats principaux du
projet sont:
-
la réduction de 28.8% de la consommation
totale du charbon au niveau national à la fin de l’exécution
du projet, ce qui représente des économies annuelles de 82.300
tonnes de charbon de bois après l’éxécution du projet
prévu pour 4 ans.
Tableau 6. Quantité de Charbon économisé
par année
(en milliers de tonnes)
|
Année
Rubrique |
Base
|
1
|
2
|
3
|
4
|
5
|
%
|
| Ménages
Secteur Informel
Cuisinières à kérosène
Cuisinières à gaz (Bip)
Total Charbon économisé
Consommation avec projet
Consommation sans projet |
250.0
250.0
|
3.1
0.4
2.6
7.0
13.2
244.0
257.0
|
9.2
3.1
6.2
22.9
41.4
222.0
264.0
|
16.4
6.3
10.6
29.9
63.2
208.0
271.0
|
20.5
9.0
17.6
35.2
82.3
196.0
278.0
|
20.5
9.0
17.6
35.2
82.3
204.0
286.0
|
24.9
10..9
21.4
42.8
100.0
|
| % consommation
totale |
100.0
|
5.1%
|
15.7%
|
23.3%
|
29.6%
|
28.8%
|
|
Source: CARE-Haiti/ BME,
Novembre 1997.
Tableau 7. Résultat des calculs
économiques du projet
(en milliers de dollars américains)
|
Année
Rubrique |
1
|
2
|
3
|
4
|
5
|
Cuisinières à charbon
améliorées
Utilisation du kérosène
Utilisation du gaz (GPL) |
912.0
682.0
1820.0
|
3.203.0
1.592.0
5.914.0
|
5.874.0
2.729.0
7.733.0
|
7.634.0
4.549.0
9.098.0
|
7.634.0
4.549.0
9.098.0
|
| Total |
3414.0
|
10.709.0
|
16.336.0
|
21.281.0
|
21.281.0
|
| Bénéfices
Nets
Total = 24.750.0 |
(625)
|
1.202.0
|
5.262.0
|
7.151.0
|
11.765.0
|
| TRI@
12% 15.365.0 / |
Source: CARE-Haiti/ BME,
Novembre 1997.
-
des économies cumulatives de 200.000
tonnes de charbon de bois pendant l’exécution du projet.
-
la fabrication de 130.000 cuisinières
améliorés à charbon devant desservir 65.000 ménages;
13.000 cuisinières améliorées à charbon pour
les besoins la restauration de rues; la production et/ou l’importation
de 60.000 cuisinières à kérosène destinées
à 60.000 ménages et à 10.000 micro-entreprises du
secteur informel.
-
une année après la fin de
l’exécution du projet les importations de kérosène
augmenteront de 5.700 tonnes ce qui représente une valeur de de
1.98 millions de dollars américains; et pour le gaz de pétrole
liquéfié (GPL) elles seront de 8.200 tonnes ce qui représente
une valeur de 7.033 millions de dollars américains.
-
300 petits ateliers de fabrication de
charbon de bois, 3 gros atelier de fabrication de fours à kérosène,
4 distributeurs et importateurs de carburants seront les bénéficiaires
directs de ce projet.
-
chaque ménage ayant adopté
une cuisinière améliorée à charbon pourra économiser
jusqu’à 100 dollars américains par année, et pour
la cuisinière à kérosène jusqu’à 156
dollars américains en achat de combustibles non effectués.
Les options de recyclage et de substitution
par le charbon minéral
Les options de recyclage et de substitution
par le charbon minéral ont pour objectifs de valoriser des fines
de charbon abandonnées par les marchandes; de valoriser par la carbonisation
et le briquettage des résidus agricoles; de valoriser des déchets
de plastiques en plastibois.
Les fines de charbon. Selon
des estimations de la Banque Mondiale, il entrerait 200.000 tonnes de charbon
de bois à Port-au-Prince, chaque année. Près de 6%
du contenu de chacun des 5.3 millions de sacs de charbon est constitué
de brisures ou de poudres, ce qui représente 12.000 tonnes de charbon
pur, totalement abandonnés à la pollution de la mer, ou la
congestion des canalisations de drainage à Port-au-Prince, contribuant
ainsi à la détérioration du réseau routier.
Dans les pays du Nord, on récupère ces charbons pour en fabriquer
des briquettes utilisées pour les grillades du type barbecue. Ces
briquettes ont l’avantage de tenir leur feu pendant plus de deux heures.
Quoique plus difficile d’allumage, elles sont plus économiques à
l’usage que le charbon de bois ordinaire, tout en contribuant à
la protection de l’arbre haïtien.
Les résidus agricoles excédentaires.
La bagasse de canne à sucre en particulier contient entre 29 et
24% de charbon pur après carbonisation à partir de procédés
rudimentaires. Souvent on le voit dépérir dans les cours
des moulins, plus prticulièrement dans la Plaine de Léogâne,
quand elle n’est pas tout simplement brulée pour éviter les
trops grands encombrements. La où elle ne se trouve qu’en quantités
artisanales, il existe des procédés simples et peu couteux,
dont les prototypes existent en Haïti, pour les carboniser d’abord,
et les briqueter ensuite. Le cas échéant, le simple charbon
brut pourrait être vendu et traité dans une unité de
briquetage plus importante.
Eventuellement, si la culture du riz
devenait plus importante dans l’Artibonite ou ailleurs dans le pays, la
carbonisation de la paille et de la balle pourrait être envisagée.
Les résidus de platique et
la protection des arbres. Les efforts de récupération
des déchets de toutes sortes ont permis de mettre au point une technologie
capable de transformer toutes les espèces de plastiques confondues
(sans besoin de nettoyage préalable), en planche de tous formats
aux propriétés inédites telles: couleur imprimée
à perpétuité, forte résistance aux termites
ou poux de bois, sans prises pour la pourriture, soudage des angles au
lieu de les clouer et enfin prise très forte des vis, le cas échéant.
Son prix peut être compétitif avec celui du bois tel que vendu
au détail en Haïti. En plus de sauver les arbres, ce produit
permettrait de créer des emplois ,de dépolluer la capitale,
les abords des routes et des plages tout en allégeant le coût
du ramassage des ordures.
L’étude de la mise en place
de ces options a permis d’identifier un projet intitulé "Briquettes
de charbon minéral importé" comportant deux phases: l’une
pilote, destinée à tester les conditions d’acceptabilité
par les consommateurs, et l’autre de production à moyenne échelle,
qui comprend à la fois la production de briquettes, une promotion
auprès des producteurs agricoles pour la culture intensive du manioc
destinée à alimenter l’usine pour ses besoins en liants et
enfin la production d’électricité résiduelle sans
coût de carburant additionnels.
Le projet de substitution par le charbon
minéral importé
L’objectif général du
projet est double. Il s’agit de:
1. Déterminer les conditions
d’acceptabilité par la consommatrice haïtienne d’une briquette
de charbon à base de charbon minéral importé;
-
Combiner, dans le processus de sélection
ou composition de tel charbon minéral, un objectif de valorisation
des gaz de pyrolyse, en vue de la fabrication d’électricité,
disponible pour Port-au-Prince sans coûts de carburant importé.
Le projet comporte deux phases:
Une phase pilote au cours de laquelle
des essais seront effectués à la fois sur differents types
de charbon, sur différents types de liants et une variété
de facilitateurs d’allumage.
Une phase de production de 50 à
100.000 tonnes de briquettes par année au cours de laquelle des
équipements seront implantés à la fois pour la production
des briquettes et la production d’électricité ainsi que la
mise en place de la campagne de promotion de culture captive de manioc.
Les coûts du projet sont estimés
à 2.5 millions de dollars américains pour la phase pilote
qui durera une année et à 10.0 millions de dollars américains
pour la phase de production.
Les résultats attendus du projet
sont:
a) L’accès à une énergie
de cuisson avec aussi peu que deux ou cinq gourdes, sans besoin d’investissement
additonnel pour des réchauds appropriés;
b) La lutte contre la désersification
et la protection de l’environnement ( la survie des arbres contribue à
la dépollution atmosphérique, diminution de CO2 ,
gaz à effet de serre);
c) La création de dix à
vingt mégawatts d’électricité pour Port-au-Prince,
sans coût de devises fortes;
d) pour un scénario de 100,000
tonnes de briquettes de charbon minéral par année, l’avantage
économique étant estimé par la Banque Mondiale à
$300,00 U.S. la tonne de charbon de bois; cela représente un gain
annuel de $30,000,000 pour Haïti. Avec un coût d’importation
de $50.00 U.S. la tonne pour le charbon minéral, Haïti pourrait
dégager un bénéfice net annuel de l’ordre de $25 millions
US ) sans compter la production pratiquement gratuite de vingt mégawatts
d’électricité par année).
e) La création de revenus possibles
pour des carbonisateurs d’arbres actuels (qui, de toute façon, seront
sans réserves parce que la ressource disparaîtra avant longtemps),
par la culture du manioc-liant.
Activités d’appui complémentaires
aux options d’économie et de substitution
Les activités d’appui sont les
suivantes:
-
L’ouverture du marché du gaz de
pétrole liquéfié (GPL);
-
Elimination du plomb des essences;
-
Révision de la législation
en vigueur sur les produits pétroliers ainsi que de la structure
des prix de ceux-ci en rapport avec la stratégie pour l’énergie
domestique;
-
Promotion de nouveaux combustibles de
substitution qui font leur apparition sur le marché, et particulièrement
ceux à base de biomasse (comme le charbon végétal
importé, les briquettes fabriquées à partir de résidus
agricoles carbonisés, bagasse en particulier ou de brisures de charbon);
-
Le suivi des modèles de cuisinières
solaires qui connaissent un certain succès au niveau de leur diffusion
dans des pays à structure sociale et économique similaire
à Haïti;
-
Le développement des micro-entreprises
de production artisanales destinées à fabriquer les équipements
énergétiques performants et variés.
Ouverture du marché du GPL.
En vue de bénéficier des économies d’échelle
il est nécessaire que le marché haïtien du gaz soit
plus important. Il y a eu certes une évolution du marché
du GPL qui est passé de 1500 tonnes métriques en 1977 à
près de 9000 tonnes en 1995 suite à la campagne de promotion
de la Shell réalisée en 1988, et les prévisions laissent
augurer que le marché va encore bouger avec l’apparition d’un nouvel
opérateur, cependant, les efforts ne permettront pas encore d’aboutir
à la situation où les consommateurs pourront enfin bénéficier
des réductions substantielles suite à la baisse considérable
du coût de transport depuis le point de chargement. En vue d’encourager
les investissements nécessaires dans ce domaine l’Etat haïtien
est prêt à discuter avec les principaux opérateurs
des meilleures options possibles ainsi que des différentes activités
nécessaires pour la mise en oeuvre de l’option retenue.
Le Cadre légal et réglementaire.
D’un coté ,la législation nationale sur l’énergie
présente des points forts qui méritent d’être signalés
:
-
Elle est apparemment simple avec un nombre
de textes très limité. Elle a confié des missions
et des fonctions diverses à différentes institutions qui
malheureusement n’ont pas toujours pu bien remplir leur rôle.
-
Les objectifs poursuivis par cette législation
,en regard des considérants figurant dans les textes de lois concernés
sont nobles et visent la conservation des ressources naturelles et la mise
en valeur des ressources énergétiques.
-
La ratification des conventions internationales
relatives au droit de la mer a permis de moderniser quelque peu la législation
nationale en ce qui concerne certaines ressources énergétiques.
D’un autre coté, la législation
nationale sur l’énergie accuse de nombreuses faibleses, les unes
plus importantes que les autres :
-
L’absence d’une vraie politique énergétique
ne permet pas d’avoir une loi-cadre qui viendrait embrasser toute la réalité
du secteur.
-
Les lacunes sont évidentes et concernent
les pollutions, les énergies nouvelles et l’absence de stimulants
pour encourager l’efficacité énergétique et les programmes
de substitution au bois et au charbon de bois.
-
La législation reflète les
incohérences et les contradictions du système national d’énergie
qui n’a jamais été pensé comme un tout avec ses entrées
et ses sorties.
-
Les mécanismes de coordination,
indispensables à un secteur horizontal aussi complexe que l’énergie,
sont rarement prévus dans la loi. Aucun décret d’application
ne vient préciser les dispositions que devraient adopter ceux-la
qui sont chargés de faire appliquer la loi.
-
La législation nationale sur l’énergie
est constituée, en fait, de plusieurs lois éparses et dispersées
qui ne traduisent point l’importance exceptionnelle de ce secteur.
Il est donc nécessaire de formuler
un nouveau cadre légal et réglémentaire du secteur
de l’énergie qui refléterait toute la réalité
du système national d’énergie et celle de la politique énergétique
correspondante en vue d’harmoniser les rapports qui existent entre les
différentes formes d’énergie d’une part, et les différentes
institutions concernées par la question énergétique
d’autre part.
Elimination du plomb de la gazoline.
Cette mesure de politique devra permettre d’une part de contrôler
un polluant important, et d’autre part de générer des ressources
financières susceptibles de contribuer à la résolution
du problème de déboisement. La stratégie consiste
donc à passer du système actuel (avec disponibilité
de deux essences l’une avec plomb et l’autre sans plomb à un seul
grade 95 RON) à un système avec deux essences toutes les
deux sans plomb: une normale de 90 RON minimum et une super de 95 RON minimum.
L’essence "regular" sera débité au même prix que l’essence
avec du plomb actuellement disponible. Cependant l’essence "super" devrait
pouvoir supporter des taxes plus élevés, ce qui augmenterait
son prix de 20 à 25%. Les taxes additionnelles proposées
serviront à alimenter un fonds pour le reboisement.
Alternatives
aux exploitants du bois-énergie
L’intégration des exploitants
du bois-énergie dans un programme de lutte contre la désertification
devra être axée sur plusieurs principes dont les principaux
sont:
-
la coupe contrôlée du bois
de chauffe ;
-
la rationalité de la production
du bois par l’amélioration des techniques de fabrication des fourneaux
de charbon ;
-
l’agro-foresterie ;
-
l’établissement des contrats de
plantation avec les exploitants du bois-énergie et d’autres populations
cibles voulant entreprendre une activité dans l’exploitation forestière
;
-
la réorganisation du commerce du
bois par la modernisation des filières de distribution .
Sur la base de ces principes il est prévu
des activités de production et des activités d’appui.
Relativement aux activités de
production il conviendrait:
-
de mettre en place un programme pilote
de plantation de bois de feu comprenant la régénération
des espèces particulièrement recherchées pour la fabrication
du charbon dans les zones sèches dégradées. (Recherche/Action);
-
de planifier la coupe du bois et d’organiser
le contrôle de sa gestion;
-
d’évaluer l’économie de
cette activité par rapport au prix du transport;
-
de sensibiliser les entrepreneurs locaux
sur l’intérêt écologique et économique du bois
de feu;
-
de mettre, sur la base de contrat-programme,
les terres vacantes de l’état à la disposition des exploitants
du bois-énergie;
-
de lancer un programme d’élevage
caprin en stabulation avec les nouveaux exploitants du bois-énergie
pour arrêter la divagation des chèvres dans les zones d’exploitation
et de régénération du bois de feu;
-
En ce qui concerne les activités
d’appui il conviendrait de mettre en place des activités d’intensification
forestière basées sur l’augmentation et la diversification
de la biomasse ligneuse dans les zones sèches et humides.
MOYENS DE MISE EN OEUVRE DE LA STRATÉGIE
Compte tenu du diagnostic précédent
il est important d’agir tant du coté de la conservation des ressources,
par le biais des réchauds à charbon améliorés,
que du coté de l’offre, en développant les combustibles de
substitution. A cet égard, l’offre doit comprendre non seulement
les GPL, dont on peut attendre une contribution en augmentation, suite
à l’entrée d’ELF sur le marché attendue pour janvier
1998, mais également le kérosène dont l’évaluation
économique confirme qu’il représente en théorie actuellement
l’option énergétique de moindre coût. Ce qui demeure
critique est l’adoption, en consensus avec tous les partenaires, d’une
stratégie sectorielle cohérente, incluant:
-
la confirmation du choix définitif
du gouvernement des principales lignes d’actions, par voie de règlements
et de décrets;
-
la mise à disposition des moyens
de financement adéquats, sur la base des accords conclus avec les
bailleurs de fonds et les banques multilatérales, et,
-
le choix de partenaires spécifiques
pour chacune des lignes d’action afin d’assurer l’exécution sur
le long terme.
La mise en place du volet "Alternatives
aux consommateurs de bois-énergie" de ce programme sera
basée sur les documents de projet déjà élaborés
en exécution ou en attente de financement. Il s’agit des documents
suivants:
1. Diffusion de cuisinières
améliorées et promotion de substituts pétroliers au
charbon de bois élaboré en 1991 par la Banque Mondiale
en collaboration avec le Bureau des Mines et de l’Energie dans le cadre
du projet Forêts et Protection de l’Environnement. Il a été
repris en 1996 par la CARE et la Bureau des Mines et de l’Energie en vue
de mettre à profit les changements qui ont été opéré
entre temps dans le secteur de l’énergie domestique en terme de
prix des combustibles et des habitudes des consommateurs.
-
Stratégie pour l’énergie
domestique ,document élaboré en 1991 (révisé
en 1995) dans le cadre du programme Conjoint Banque Mondiale/PNUD/Aide
Bilatérale d’Assistance à la gestion du secteur de l’Energie
(ESMAP) en collaboration avec plusieurs institutions nationales telles
le Bureau des Mines et de l’Energie (BME), le Bureau d’Approvisionnement
en Produits Pétroliers (BAPP) et le Service des Ressources Forestières
(SRF).
La mise en place du volet "Alternatives
aux exploitants du bois-énergie" sera basé sur les
activités similaires déjà prévus dans le cadre
des projets ATPPF (Banque Mondiale) et ASSET (USAID), projet PRODETER (PNUD/FAO).
Cependant les activités nouvelles envisagées feront l’objet
d’études et montage de documents en vue de déterminer les
coûts. (en particulier le Plan national de lutte contre la désertification
actuellement en préparation au Ministère de l’Environnement
avec l’appui du FIDA).
PROGRAMME ENERGIE ET ENVIRONNEMENT
Malgré l’importance du bois
dans la structure énergétique nationale et l’état
de dégradation de l’environnement du pays, il n’existe pas encore
à proprement parler un programme "’energie et environnement" adopté
par les pouvoirs publics et supporté par les bailleurs de fonds
nationaux et internationaux. L’objet de cet atelier est justement de supporter
l’idée de l’adoption d’un tel programme. Il existe certes des activités
à l’intérieur d’autres programmes qui ont été
élaborés en vue d’adresser ce problème. C’est le cas
par exemple des projets suvants:
-
"Système d’Agriculture Durable
et Transformation Environnementale (ASSET) 2000" de l’USAID dont l’objectif
stratégique est d’augmenter la productivité agricole et d’améliorer
la gestion de l’environnement qui prévoit parmi ses quatre grands
domaines d’intervention de façon spécifique des activités
ayant rapport à l’énergie et l’environnement. Il s’agit du
volet résultat 3 intitulé "plus large participation communautaire
dans le reboisement et dans la gestion des ressources locales".
-
Appui Technique à la Protection
des Parcs et Forêts (ATPPF) Gouvernement Haïtien/Banque Mondiale
qui prévoit dans son programme destiné au renforcement de
la capacité des communautés locales dans la gestion des ressources
naturelles, la promotion de plus de réchauds améliorés
comme un sous volet du programme.
-
d’autres interventions prévues
n’ont pas encore vu le jour. Il s’agit des suivantes: a) celle de la BID
à travers le TAC (crédit pour l’Assistance Technique) qui
parmi les sept domaines d’appui dans son programme agriculture et environnement
prévoyait le développement d’une politique énergétique
visant à la réduction de la consommation du charbon de bois;
b) celle du Canada qui au début des années 90 était
en train de préparer un vaste programme de reboisement.
CONCLUSION
Des études menées depuis
deux ans par le Bureau des Mines et de l’Energie en collaboration avec
la CARE-Haïti et une firme privée, la Biomasse-Haïti ont
montré la viabilité technique et économique de la
substitution du charbon de bois utilisé pour la cuisson des aliments.
Il est important en effet que le pays adopte cette politique à cause
des effets de la consommation énergétique sur l’environnement.
Avec moins de 2% de couverture forestière,
Haïti ne peut maintenir écologiquement ni socio-politiquement,
son rythme actuel de dépendance, pour 80% en moyenne, des ressources
ligneuses locales dans la bilan énergétique national. Aussi,
l’un des principaux axes de la politique énergétique et environnementale
nationale doit-il consister à alléger, à partir de
l'année 2002 et durant les dix années suivantes, la pression
sur les ressources ligneuses nationales d'au moins de moitié par
rapport au niveau des prélèvements de 1996, tout en visant
à satisfaire la demande énergétique totale à
plus de 80% par des énergies renouvelables d'ici l'année
2020.
Les voies de substitutions visées
sont résumées en détail dans le tableau suivant:
-
Fourneaux améliorés et technologies
d’économies d’énergie 5 à 9%
-
Expansion du marché des gaz de
pétrole liquéfié du kérosène
et autres combustibles tirés du
pétrole 10 à 18%
-
Importation de charbon minéral
et végétal 20 à 30%
-
Exploitation d’énergies renouvelables
locales (briquettes,
soleil, biogaz, etc..,) 1 à 3%
A cette fin, Haïti a choisi de
mettre en place à court et à moyen terme les grands axes
de politique suivants:
-
l’établissement des normes et des
incitations fiscales et économiques appropriées pour faciliter
l'ouverture du marché aux sources d'énergie importées
en substitution au bois de feu et au charbon de bois permettant à
court et à moyen terme de satisfaire la demande actuelle et les
besoins de croissance de l'économie;
-
la promotion de l’utilisation de toutes
les formes d'énergies renouvelables locales autres que le bois,
partout où la faisabilité économique ainsi que les
compétences techniques et administratives sont disponibles ou peuvent
être garanties;
Le lancement de ces activités se
fera à travers un atelier sur l’énergie et l’environnement
qui se tiendra en Haïti les 12 et 13 janvier 1998 en présence
des plus hautes autorités nationales, publiques et privées
ainsi que de celles des institutions internationales et régionales
concernées. Au cours de ces discussions, les organisateurs de l’Atelier,
en l’occurrence le Bureau des Mines et de l’Energie et le Ministère
de l’Environnement s’efforceront d’obtenir des différents acteurs
un minimum de consensus pour la mise en place de ces stratégies.
La gestion de manière non durable à date, des ressources
ligneuses locales, impose inéluctablement une dépendance
croissante d'approvisionnement à l'étranger pour satisfaire
les besoins énergétiques du pays durant au moins les quinze
prochaines années.
Le choix se pose pour Haïti entre:
importer davantage les ressources énergétiques dès
maintenant versus importer, dans un futur proche, la totalité de
l'énergie et l'eau de consommation en exposant le pays à
des capacités de production agricole et hydro-électriques
encore plus réduites.
Il faudra attendre l’élaboration
définitive du document de politique environnementale par la première
conférence nationale sur l’environnement prévue au mois de
mai 1998, pour statuer sur une politique énergétique globale
tenant compte de tous les aspects de la problématique énergétique.
TABLE DE CONVERSION
|
TYPE DE COMBUSTIBLE
|
Baril/Tep
|
TEP/Tonne
|
| LPG |
10.79
|
|
| Gazoline |
8.10
|
|
| Kérosène |
7.38
|
|
| Diesel |
7.34
|
|
| Fuel Oil |
6.83
|
|
| Lubrifiants |
7.22
|
|
| Pétrole
Brut |
7.17
|
|
| Charbon de
Bois |
|
0.70
|
| Bois de Feu
(20%) |
|
0.39
|
| Bagasse (50%) |
|
0.18
|
| 1 TEP = 109
calories 1 m3 équivaut à 625.0 kg
1 GWH = 86.0 TEP 1 stère " "
" 468.75 kg
1 TEP = 0. 01163 GWH 1 sac " " " 35.0
kg |
LES HYPOTHÈSES UTILISÉS
POUR LES ESTIMATIONS
Prix des combustibles dans
les rues de Port-au-Prince
|
Fuel
Date |
Propane
|
Butane
|
Kérosène
à la Pompe en Détail |
Charbon de Bois
par sac par marmite |
| |
Livres
25
|
US $
Ton.
|
livres
5
|
US $
Ton.
|
Gal.
1
|
US $
Ton.
|
litre
1
|
US $
Ton.
|
sacs
35 lb
|
US $
Ton.
|
Mar.
2.5 lb
|
US $
Ton.
|
| Juillet 95
Octobre 96
Avril 97
Novembre 97 |
110
130
140
150
|
603
713
768
822
|
29
35
40
|
795
959
1096
|
16
18
18
|
338
381
381
|
5.5
5.5
5.5
|
441
441
441
|
100
100
110
|
179
179
196
|
12
12
12
|
|
Source Peter Young, CARE-Haïti
Performance comparée
entre les combustibles et les réchauds
|
Combustible
Réchauds |
CV
MJ/kg
|
eff.
Réchauds
|
max
cons/an
|
Max char. Econ./an
|
Cons
actuel
|
MJ
eff.
|
/kéros.
|
/char.
|
| Bois de feu
Charbon Trad.
Kérosène
Butane
Propane |
16
29
43.5
45,7
46.2
|
12.5%
20.0%
45.0%
55.0%
55.0%
|
0.91
0.27
0.21
0.21
|
0.27
0.32
0.41
0.46
|
0.64
0.18
0.12
0.09
|
2.0
5.8
19.59
25.14
25.41
|
0.10
0.30
1.00
1.28
1.30
|
0.34
1.00
3.38
4.33
4.38
|
Coût des foyers en US $
LPG: 55.00 KÉROSÈNE : 25.0
CHARBON : 3.1 MANGÉ KWIT : 6.0
Source Peter Young, CARE-Haïti
BIBLIOGRAPHIE
1. Allal, Samir.
La Maitrise de l’énergie en Haïti: Une nécessité
pour un développement soutenable et un environnement sain. Liaison
Energie-Francophonie (IEPF), Québec, Numéro #13. 4ème
Trimestre 1991. 4 p.
2. Moran, E. Pierre, B. Saint Jean, W.
Haïti: Diagnostic du Secteur de l’Energie. OLADE/PNUD/BME.
Port-au-Prince, Juin 1991. 100 p.
3. ESMAP. Stratégie pour l’Energie
Domestique. Rapport PNUD/Banque Mondiale # 143/91. Port-au-Prince,
Haïti. Décembre 1991. 158 p.
4. Barjon, Philippe, Le Secteur de l’Energie
Electrique en Haïti: Caractéristiques, problèmes, contraintes
et voies d’amélioration. Port-au-Prince, Haïti. 1992. 77
p.
5. Young, Peter. Situation Energétique
des Résidences en Haïti. Analyse des Statistiques relevées
pour les années 1990 et 1995, CARE/BME. Mars 1996. 8 p. miméo.
6. Saint Jean, Wilfrid. La Substitution
du Charbon de Bois et du Bois de Feu en Haïti: Stratégie et
Politique. PAE. Port-au-Prince, Haïti. Avril 1996. 10 p. miméo.
7. Saint Jean, Wilfrid. Rôle des
Energies Nouvelles et Renouvelables dans le processus de développement
économique et social d’Haïti. Inédit. 1995. 8 p.
miméo.
8. Simon, Katleen. L’impact du secteur
électrique sur l’environnement et perspectives. ED’H/PAE. Port-au-Prince,
Haïti. Inédit. Mars 1996. 14 p.
9. Schetini, B. Saint Jean, W. Les produits
pétroliers et l’environnement en Haïti: Etat de la Situation.
Texaco/PAE. Port-au-Prince, Haïti. Inédit. Mai 1996. 14 p.
10. Canet B., Antilus L. Nérette,
G. Diagnostic du potentiel bioénergétique d’Haïti.
OLADE/BME. Port-au-Prince, Haïti. Novembre 1987. 98 p.
11. Joseph, Yves Fritz. Plan d’Actions
pour l’Environnement (PAE) : Etat des Lieux et Perspectives. Commission
interministérielle pour l’environnement, Port-au-Prince, Haïti.
Septembre 1997. 42 p.
12. Victor, Jean André. Le droit
et l’énergie. ECMU/PNUD. Port-au-Prince, Haïti. Mai 1996.
8 p.
13. Victor, Jean André. Energie,
charbon de bois et dégradation de l’environnement. ECMU/PNUD.
Port-au-Prince, Haïti. Juin 1996. 9 p.
14. BRGM/BEICIP. Synthèse Géologique
de la République d’Haïti. Volume 4. Substances Energétiques.
BID/BME - ATN/SF 2506 HA. Orléans, France. Octobre 1988.
|