| Selon le décret du
2 mars 1984, les carrières font partie du domaine public de l'Etat
et leurs exploitations sont considérées comme un acte commercial.
L'initiative de l'exploitation est toutefois laissée aux propriétaires
ou aux exploitants avec l'accord des propriétaires(2).
Cependant, la mise en exploitation d'une carrière est subordonnée
à une autorisation délivrée par le Bureau des
Mines et de l'Energie (BME).
Procédures
de demande de Permis
Toute personne physique ou
morale peut solliciter du BME un Permis d'exploitation de carrière.
La procédure à utiliser pour l'obtention d'un tel Permis
est la suivante:
a) Adresser une lettre
d'intention à la Direction générale du BME en vue
de solliciter le Permis. A cet effet, il suffit de remplir la Forme BME
96-001 disponible au Service des Mines du BME. Pour que la demande soit
prise en considération, elle doit être accompagnée
du récépissé de la Direction Générale
des Impôts (DGI) attestant le versement d'une valeur de 500.00 gourdes.
b) Remplir le "Dossier de
demande de permis d'exploitation de carrière" devant accompagner
la lettre d'intention. Il s'agit de la Forme BME 96-002 devant fournir
des informations indispensables sur le demandeur, sur la carrière
et la nature de l'exploitation, sur les titres de propriété
du sol, sur le plan d'exploitation couvrant la superficie à exploiter,
sur le mode de compensation des dégradations occasionnées
au site ou au mode de réhabilitation du sol ou de l'environnement.
Ce dossier, dûment rempli, est retourné au BME en trois (3)
exemplaires.
c) L'instruction du "Dossier
de demande de Permis" est faite par les Services techniques du BME. L'évaluation,
consignée dans la Forme BME 96-003, peut conduire à trois
(3) décisions possibles :
-
Dossier incomplet, auquel cas
il est retourné au demandeur en vue d'être complété.
-
Dossier non agréé
au cas où la demande a été produite pour une région
non autorisée par l'État haïtien ou par le décret
du 2 mars 1984.
-
Dossier complet et conforme à
la loi, auquel cas il est recommandé à la Direction générale
du BME de délivrer le Permis d'exploitation.
d) Le Permis est accordé
pour une période de cinq (5) ans renouvelable et pour une superficie
ne dépassant pas dix (10) hectares.
Ce Permis est annulé
si, dans un délai de douze (12) mois à compter de l'octroi
du dit Permis, le bénéficiaire ne commence pas les travaux
d'exploitation.
Mesures
de sécurité, d'ordre et de police
L'exploitation doit être
conduite de manière que la carrière ne présente systématiquement
pas de danger pour le personnel. A cet effet, il est prévu les dispositions
techniques particulières suivantes :
-
Le front, les gradins et les
parois dominant les chantiers doivent pouvoir être surveillés
et purgés, ils ne doivent pas comporter de surplomb.
-
La hauteur du front ou des gradins
ne doit pas dépasser quinze (15) mètres. Toutefois, si les
carrières sont ouvertes dans des masses ébouleuses ou de
faible cohésion, la hauteur du gradin ne doit pas excéder
deux (2) mètres au cas où la méthode d'exploitation
entraîne la présence normale d'ouvriers au pied du front qui
ne doit pas comporter d'angle vertical de pente supérieure à
45 degrés.
-
Au pied de chaque gradin doit
être aménagée une banquette horizontale d'une largeur
suffisante pour permettre sans danger le travail et la circulation des
engins et du personnel. Cette largeur ne peut en aucun cas être inférieure
à deux (2) mètres en fin de travaux.
Dans une carrière en exploitation,
les mesures d'ordre, de police et de sécurité incombent à
l'exploitant. En effet :
-
L'accès à toute
zone dangereuse d'une exploitation à ciel ouvert, à toute
ouverture de puits ou de galeries souterraine doit être interdit
par une clôture solide et efficace, le danger doit être signalé
par des pancartes.
-
Les travaux de carrières
doivent être conduits de façon telle que l'hygiène,
la sécurité du personnel et d'une manière générale
la salubrité publique soient assurées.
-
L'exploitant est tenu de disposer
dans son établissement des moyens de secours.
-
L'exploitant doit tenir à
la disposition de son personnel le texte de l'ensemble des règlements
applicable dans la carrière.
-
Lorsque survient dans une carrière
un accident ayant occasionné la mort ou des blessures graves, l'exploitant
est tenu d'avertir immédiatement le BME.
Quelques
interdits
Dans une exploitation de carrière,
il est interdit de :
-
exploiter en sous-cavage,
-
modifier l'état des lieux
où est survenu un accident avant la visite des agents délégués
du BME, à moins que des travaux de sauvetage, de consolidation urgente
ou de conservation de l'exploitation, ne l'exigent,
-
déborder les limites du
périmètre sur lequel porte le droit d'exploitation,
-
fouiller à moins de vingt
cinq (25) mètres :
-
des limites de propriétés
closes, murs ou dispositifs équivalents, des villages, groupes d'habitations,
bâtiments publics, industriels, puits, édifices religieux,
lieux de sépulture et lieux considérés comme historiques
ou sacrés, sauf le consentement du propriétaire concerné
et
l'approbation des services
compétents,
-
de part et d'autre de voies de
communication, barrages, conduites d'eau, lignes de transport de force,
ponts, berges de rivières,
-
de tous travaux d'utilité
publique et de tous ouvrages d'art.
Protection
de l'environnement
Une exploitation de carrière
engendre nécessairement des effets néfastes sur le milieu
ambiant. Il revient, par conséquent, à l'exploitant de protéger
et de réhabiliter l'environnementconformément aux règles
définies lors de la délivrance du Permis d'exploitation.
Il est donc tenu de :
-
utiliser les méthodes
les plus modernes permettant de réduire le niveau des bruits. La
disposition d'un concasseur doit être telle que des écrans
isolent la machine dans toutes les directions de transit d'une route ou
d'une habitation,
-
prendre toutes dispositions pour
réduire les nuisances dues aux poussières en particulier
dans la direction des vents dominants,
-
dresser, si possible, des écrans
de végétaux dans les directions où les angles de vision
sont les plus accentués,
-
procéder à la réhabilitation
des sols au fur et à mesure de l'avancement de l'exploitation,
-
stocker les couches de terre
végétale déplacées en vue du réaménagement
et de la réhabilitation des terres conformément aux règles
édictées lors de la demande de Permis ou de son renouvellement.
Redevances
fiscales
Le décret du 2 mars
1984 ne traite pas de clauses fiscales. Cependant, un autre, daté
du 3 mars 1976, assure à l'État haïtien la perception
d'une valeur de 25 centimes de gourdes par m3 de carrières
et de sables de rivière, pour compte spécial de l'Institut
National des Ressources Minérales. Ce décret n'a jamais été
appliqué. Un avant- projet de loi portant taxation des carrières
a été préparé par une commission inter-sectorielle
en vue d'être voté et ratifié par le Parlement. Cet
avant-projet de loi prévoit :
a) Une redevance
superficiaire annuelle à payer par hectare ou fraction d'hectare
sollicité pour un Permis d'exploitation.
b) Une taxe sur le prix du
m3 au point d'exploitation des matériaux.
c) Une taxe sur la valeur
marchande de la cargaison à payer par les transporteurs de matériaux
de carrières.
Ces redevances fiscales seront
prises en considération conformément aux règles définies
lors de la délivrance du Permis d'exploitation.
Contrôle
des carrières
La police administrative des
carrières est exercée par le Bureau des Mines et de l'Energie.
Les agents du BME effectuent
des visites périodiques dans les carrières en exploitation.
Ils observent la manière dont l'exploitation est faite soit pour
déclarer les exploitants sur ses inconvénients ou son amélioration,
soit pour avertir l'autorité compétente des vices, abus ou
dangers qui s'y trouveraient. Lorsqu'il reconnaît qu'il y a péril
imminent, l'agent du BME donne directement les instructions utiles à
l'exploitant, lesquelles peuvent aller jusqu'à suspension des travaux.
Il requiert au besoin l'intervention des autorités locales.
Fin
de l'exploitation
A quel moment une exploitation
prend-elle fin ? Et le Permis d'exploitation, peut-il être annulé,
révoqué ou caduc ?
Une exploitation prend fin
:
-
par l'expiration du terme de
validité du Permis ou de son renouvellement;
-
par le retrait du Permis à
titre de sanction de l'inexécution d'une obligation légale;
-
par l'abandon, dans les conditions
prévues par la loi.
Un Permis peut être annulé,
retiré ou révoqué dans les cas suivants :
-
pour violation des obligations
qui y sont exprimées;
-
défaut de paiement des
redevances fiscales prévues;
-
cession ou amodiation non conforme
aux dispositions légales;
-
infractions graves aux prescriptions
de police, de sécurité ou d'hygiène;
-
inactivité persistante
ou activité manifestement sans rapport avec l'effort financier souscrit,
et plus généralement inobservation des engagements souscrits
dans l'acte constitutif;
-
condamnation pour ex-ploitation
illicite;
-
refus de communiquer les renseignements
prévus par la loi;
-
refus d'obtempérer aux
injonctions du BME en ce qui concerne l'exploitation
Contraventions
et sanctions
Sera puni d'une amende de
cinq mille (5000.00) à dix mille (10000.00) gourdes ou d'un emprisonnement
de trois (3) mois à un (1) an en cas de non paiement de l'amende,
toute infraction aux dispositions prévues et toute opposition ou
obstacle à l'application de ces dispositions.
En cas de récidive,
l'amende sera portée au double et un emprisonnement n'excédant
pas trois (3) ans pourra en outre être prononcée.
(1) Au XIIe siècle,
on écrivait quarrière, du bas latin quadraria - dérivé
du latin quadrus, carré - qui signifie lieu où l'on équarrit
la pierre.
(2) Dans le cas des mines,
le propriètaire de la surface n'a aucun droit sur la substance,
il est seulement indemnisé pour le préjudice qu'il subit
du fait de l'exploitation.
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