Accueil
Energie
Revue Carrières
Technologies Energétiques 
Energie en Chiffres
Statistiques Minières
 Mines
Profil  BME
logo Care Haïti
logo Synergie
logo BMEa
    Bulletin quadrimestriel de la Care-Haïti  et du Bureau des Mines et de l'Energie  Août    2004
numéro 17
 Revue Synergies

Nous  prenons plaisir à annoncer que le thème de la  prochaine édition de Synergies sera: "Résumé du rapport d'évaluation du Projet : Substitution d'energie pour la Protection de l'Environnement"

Ce bulletin est publié grâce au support financier de l'USAID et de la CARE-Haïti 


Rôle et   responsabilités des différents acteurs dans la mise en place d’une politique de substitution des combustibles ligneux en Haïti, par Wilfrid Saint Jean

Mise en contexte

En Haïti la source d’énergie la plus importante est constituée par les combustibles ligneux (bois de feu et charbon de bois) dont la production génère une source importante de revenus pour les paysans. On estime qu’environ 15 à 30 millions d’arbres sont abattus chaque année pour satisfaire environ 80% des 2.1 millions de tonnes d’équivalent en pétrole (TEP) consommés par tous les secteurs de l’économie. Selon le dernier recensement national de la population réalisée en l’année 2000, les résidences urbaines utilisent  en priorité le charbon de bois comme combustible de cuisson (86.6%), tandis que les résidences rurales utilisent en majorité le bois de feu (81%).  Les ménages pauvres qui utilisent ces combustibles à travers le pays sont doublement pénalisés à cause des contraintes en matière de flux financiers.  Ils sont obligés d’utiliser des foyers traditionnels inefficients et en même temps payer plus chers pour le combustible à cause du mode d’achat adopté. Ce gaspillage, joint au mode de production de charbon de bois adopté à travers le pays,  contribue à entretenir la déforestation qui, au cours de la période d’embargo (1991-1994), a pris une dimension sans précédent lorsque les pauvres des régions rurales et urbaines n’avaient aucun autre moyen de générer des revenus alors que la demande augmentait à cause de l’indisponibilité en quantité suffisante sur le marché des sources d’énergies importées.

Les forêts d’Haïti, qui étaient abondantes dans le passé, sont actuellement détruites à 98.5%, ce qui entraîne que 25 des 30 bassins versants du pays sont presque complètement dénudés. Comme résultat de la dégradation de l’environnement avec l’augmentation de l’érosion et la disparition des points d’eau (sources, lacs, etc…), la production agricole per capita a diminué sans arrêt depuis les années soixante-dix. Avec la croissance continue de la population, la pression exercée à la fois sur la terre et sur les ressources forestières, ne peut que s’accroître.

Malgré ses conséquences désastreuses sur l’environnement,  l’utilisation massive du bois de feu en Haïti a aussi un impact positif sur le secteur économique.  La vente du charbon de bois et du bois de feu fournit en moyenne  16%    du total des revenus  du monde rural et donne du travail à environ 150,000  personnes dans un contexte où le taux de chômage est élevé (55% en 2001). Cette activité compense la perte de la productivité agricole et le manque d’activités génératrices  de revenus alternatifs. Alors que la situation énergétique des ménages en Haïti  est caractérisée par la rareté de combustibles et des prix élevés des équipements par rapport à leurs revenus, le secteur du bois de feu se positionne comme une source essentielle d’activité économique malgré une gestion non durable des ressources forestières.

C’est en réalité  un cercle vicieux (pauvreté/ déforestation / activité économique vitale)  qui, s’il n’est pas brisé, va bientôt paralyser complètement le développement économique et provoquer une crise socio-économique sans précédent à travers le pays. Le moyen le plus approprié pour ce faire est de favoriser l’émergence de substituts aux combustibles ligneux. Cet article fait une analyse de la situation et plaide en faveur d’une politique de substitution en Haïti en proposant, à chacun des acteurs, le rôle qu’il pourrait jouer dans la mise en place de cette politique.

Conditions favorables à l’émergence de substituts aux combustibles ligneux

Il est évident que le secteur énergétique haïtien réunit toutes les conditions nécessaires susceptibles de favoriser l’émergence de substituts au charbon de bois et au bois de feu. Les principaux facteurs encourageants sont:

1) la taille du marché
En 2003 le bois de feu et le charbon de bois ont satisfait 83% de la consommation énergétique totale du pays estimée pour tous les secteurs de l’économie à 2.1 millions de  tonnes équivalent en pétrole (TEP). Le tableau suivant  donne une idée des types d’énergie utilisés pour la cuisson dans les ménages en Haïti. On remarque que le bois de feu et le charbon de bois occupent la première place (95%) parmi les combustibles  utilisés dans toutes les régions du pays, le gaz de pétrole liquéfié (GPL)1   vient  en seconde position  (3,6%) suivi du kérosène et de l’électricité. Pour vous  donner  une   idée  de  l’ampleur   du problème rappelons que le volume de bois consommé pour la cuisson dépasse 4 millions de tonnes chaque année. De ce total, 35% à 40% sont convertis en charbon de bois, ce qui équivaut à 250 000 tonnes (ou 6.250.000 sacs de 40 kg). D’un autre coté, les réserves en ressources ligneuses du pays ne permettent de soutenir que 20 à 25% de ce prélèvement  sur le stock ligneux.


2) les secteurs de consommation

Le charbon de bois est principalement utilisé dans les zones urbaines. La consommation moyenne annuelle est de 250.000 tonnes environ et nécessite pour sa production environ 37% du total de bois de feu récolté chaque année pour tout le pays. Ce total représente un peu plus de deux sacs de charbon par mois pour chaque ménage. Seuls 40% de la popula tion haïtienne consomme du charbon de bois et la très grande majorité de celle-là habite  Port-au-Prince (84.6%) qui, à elle seule, en consomme environ 486 tonnes par jour, soit 51 camions chargés chacun de 250 sacs de charbon de 38 kg chacun. Le nombre des restaurants ambulants dit « manje kwit » augmente toujours dans les rues de Port-au-Prince, on les estime à plus de dix mille; ils s’ajoutent à la consommation des ménages et le mode de cuisson le plus répandu dans ce secteur reste, et de très loin, le réchaud à charbon traditionnel.


Le bois de feu utilisé dans le secteur commercial (blanchisseries, boulangeries) et celui des industries traditionnelles (moulin-guildives, huiles essentielles, four à chaux) estimé à environ 200.000 tonnes par année est constitué de bois vivant récolté pour la circonstance.
 

3) Le faible pourcentage d’énergie utile consommée au moment de l’utilisation finale

A cause des types d’équipements utilisés lors de la combustion du bois de feu (foyer à trois pierres) et du charbon de bois (réchaud ouvert en métal) pour les différents usages dans les secteurs de consommation, les pertes de chaleur enregistrées sont de l’ordre de 93% pour le bois de feu et 80% pour le charbon de bois.
Autrement dit les ressources ligneuses récoltées sont utilisées de façon très irrationnelle. C’est, en définitive,  une pratique énergétique qui réduit le potentiel de production agricole déjà faible du pays et dont le principal dérivé, le charbon de bois, ne peut être produite sans un gaspillage énergétique considérable: 60% de l’énergie du bois part en effet en fumée lors de sa transformation en charbon. 

4) Avantage des équipements de substitution
 
Le rendement élevé des équipements utilisés pour la combustion du LPG et du kérosène. Les équipements les moins performants dans ces catégories fournissent un rendement compris ente 55  et 70% en moyenne.


5) Niveau élevé du déboisement

Un déboisement intensif et une érosion accélérée de sols pour satisfaire des besoins énergétiques et alimentaires d’une population de plus en plus nombreuse. La couverture forestière du pays déclina de 37% entre 1956 et 1978 et est actuellement estimée à seulement 1.44% de la superficie totale du pays, qui est de 27.750 km2 .

6) Des pertes énormes pour l’agriculture

D’après les calculs la perte totale  annuelle en terre est évaluée à 36.6 millions de tonnes soit 1353 tonnes/km
2 /an. Ceci correspond à 2000 ha de sol érodé sur 1.2m d’épaisseur. 

7) le prix élevé du charbon de bois dans les centres urbains

Le prix du charbon de bois a atteint un niveau qui rend compétitif les produits de substitution importés. De nos jours les ménages qui utilisent le charbon de bois dépensent 2.6 fois plus d’argent que ceux qui utilisent le kérosène, et 1.1 fois plus que ceux utilisant le gaz de pétrole liquéfié
(LPG). Cette comparaison est basée sur la quantité d’énergie utile utilisée ($H/GJ).

L
e coût des trois types d’énergie de cuisson (kérosène, GPL et charbon de bois) varie en fonction de la quantité achetée. Il est, par exemple, deux fois plus cher d’acheter le charbon par marmite plutôt que par sac, et une fois et demi plus cher d’acheter le gaz par six livres plutôt qu’en bonbonnes de 25 livres. Dès lors, si on analyse le coût comparé des différentes énergies, les ménages les plus pauvres, qui achètent le charbon par marmite, dépensent 2.5 fois plus pour leur cuisson que les utilisateurs de bonbonnes de gaz de 25 livres  ou plus (voir figure 2).  Mais les pauvres sont coincés par leur manque de liquidités. Ils sont obligés de tout acheter en quantités minimes et le paient très cher. Il leur serait également impossible d’acheter un réchaud à gaz du type Bip Ti Chéri ou autres, dont les prix varient actuellement sur le marché de 1250 à 7500 gourdes. Des mécanismes de crédit seraient nécessaires pour le leur permettre, mais la plupart des vendeurs et institutions de financement y sont réticents. Des ONG de proximité pourraient être une solution intéressante pour trouver un mécanisme de crédit qui minimise les risques.

Expérience de projets de substitution

Malgré toutes ces conditions favorables à l’émergence de substituts énergétiques on constate que les projets de substitution qui ont été réalisés ou tentés n’ont pas eu le succès escompté. On en a pour preuve les expériences  suivantes:

a) Le projet de butanisation de la SHELL-HAITI qui a eu un succès important dans la vente des foyers dit «Bip ti Chéri» (environ 80.000 unités ont été vendus entre 1989 et 1991), mais n’a pas pu soutenir une consommation équivalente de gaz butane (la vente moyenne de gaz butane au cours des années les plus populaires n’a été que de 16% du potentiel de consommation totale des résidences équipées de ce type de foyer. Traduit en termes d’énergies utile, cette quantité consommée  ne représente que 4% de la consommation totale du charbon de bois à Port-au-Prince, la Capitale d’Haïti, et où vit une population estimée à l’époque à 1.5 millions d’habitants).

b) Les nombreuses expériences de briquetting soit au niveau du secteur public ou du secteur privé à partir de différents produits et déchets cellulosiques (bagasse, lignite, résidus agricoles, poudre de charbon de bois, etc….,) qui pour la grande majorité n’ont pas dépassé le stade d’expérimentation dans des laboratoires de fortune.

c) Les nombreuses offres de coopération bilatérale pour la fourniture de substituts. On peut citer notamment la Colombie pour le charbon minéral, la Guyane et le Mexique pour le charbon végétal, le Canada pour les résidus de forêts, le Venezuela pour le GPL et nous en passons. Aucune de ces offres n’a été exploitée jusqu’à présent et la raison est due notamment à une absence de politique qui pourrait servir de guide aux différents acteurs concernés.


Causes de succès mitigé  des projets de substitution en Haïti


Pourquoi en fonction de ce qui précède, la politique de substitution au charbon de bois et au bois de feu n’a pas eu le succès attendu? La réalité est qu’il n’existe jusqu’à présent aucune politique de substitution de charbon de bois et de bois de feu mise en place par les pouvoirs publics qui pourrait servir de guide au secteur privé. En l’absence de cette politique toute tentative et toutes les velléités sont inévitablement vouées à l’échec malgré toutes les promesses et les perspectives alléchantes de succès suscitées par des projets de ce genre. La raison est simple. Etant donné les implications sociales, économiques et politiques de la substitution celle-ci doit être soutenue par des mesures d’accompagnement s’appuyant sur trois grands axes.
 

Premièrement, la substitution doit être un choix national et soutenue en conséquence par les institutions publiques d’abord, les institutions internationales et le secteur privé ensuite.
 
Deuxièmement, la substitution doit être orientée (soit vers les ressources nationales ou bien vers les ressources importées) de telle sorte que les différents acteurs sachent sans ambages comment aborder l’activité qui les intéresse.
 
Troisièmement la substitution doit avoir un objectif clair qui peut être:
 

a) soit économique (réduction de la facture énergétique par exemple) ;
 

b) soit de développement (mise à disposition de la population active de l’énergie dont elle a besoin pour ses différents usages) ;
 

c) soit écologique (régénération des forêts et protection de l’environnement) ;


d) ou une combinaison de plusieurs.


Ces choix sont conditionnés par la mise en place des moyens adéquats pour la concrétisation des actions qu’ils vont nécessiter.


Plaidoyer pour la mise en place d’une politique de substitution


La mise en place d’une politique de substitution au charbon de bois et au bois de feu est conditionnée par l’engagement du secteur public d’abord et du secteur privé ensuite. L’engagement du secteur public doit permettre l’établissement de la politique générale qui sera suivie par des actions, découlant de cette politique, enclenchée au niveau du secteur privé pour la production et la consommation. Dans la mise en place de ce processus les limites de chaque partenaire (gouvernement et secteur privé) devront être clairement définies.


a) Rôle et Limites du Secteur Public
 

Le secteur public doit être le premier engagé en créant les structures nécessaires à la mise en place de la politique de substitution. Parmi les plus importantes mentionnons les suivantes:
 

a) les structures institutionnelles ayant pour but de proposer les meilleurs choix possibles en fonction des paramètres sensibles comme la disponibilité de ressources, les coûts économiques et commerciaux, les impacts sociaux et environnementaux.
 

b) les structures légales, fiscales et commerciales destinées d’un coté, à faciliter les choix établis en matière de substitution et de l’autre, entraver ceux qui, pour des raisons déterminées, ne sont pas souhaitables.


c) les structures diplomatiques destinées à investiguer les possibilités d’échanges commerciaux et d’assistance économique et technique avec les pays amis en matière de produits énergétiques susceptibles de contribuer au processus de substitution.
 
d) Les structures de financement (fonds de garantie ou autres) en faveur de la substitution énergétique.


Dans chacun des cas précités l’Etat, représenté par le Gouvernement, doit fixer clairement la limite de ses actions. Cette limite doit être basée  sur ses possibilités économiques, techniques et institutionnelles.
 

Du point de vue économique ou financier, le Gouvernement peut soit subventionner les projets de substitution ou les laisser affronter la libre concurrence. La subvention peut être directe (crédit bancaire) ou indirecte (allègement fiscaux et autres frais d’opération tels stockage et manutention).
 

Du point de vue technique, le Gouvernement peut assister les opérateurs privés dans la réalisation des études de faisabilité des projets de substitution et fournir le savoir-faire nécessaire dans le cas de  mise en place d’une nouvelle technologie comme le briquetage amélioré  par exemple. Dans certains cas l’assistance technique peut seulement transiter par les structures gouvernementales en provenance d’une institution d’aide nationale ou étrangère spécialisée
dont les attributions ne permettent pas de traiter directement avec le secteur privé. 

Du point de vue institutionnelle, le Gouvernement peut aider à monter des sociétés ayant pour but l’exploitation et la commercialisation de sources d’énergies ou de technologies énergétiques alternatives susceptibles de contribuer à diminuer la pression sur les ressources ligneuses du pays. Il devra aussi prévoir la mise en place des moyens de promotion et de contrôle d’entreprises privées qui naîtront à partir de ces nouvelles possibilités.


b) Rôle du Secteur Privé


Cet encadrement une fois mis en place, le rôle du secteur privé sera principalement d’exploiter ces nouveaux créneaux qui naîtront à partir de cette nouvelle politique adoptée par le Gouvernement. Le secteur privé apportera alors son capital et son savoir-faire en vue d’exploiter ces nouvelles filières industrielles et commerciales créées par le Gouvernement dans le cadre de la mise en place de sa politique de substitution.   Le secteur privé peut aussi mettre à la disposition de la population des moyens de financements accessibles, par exemple les employeurs peuvent garantir leurs employés pour l’achat d’équipements de substitution ou ils peuvent payer et l’employé rembourse par bon mensuel.

Promotion de sources alternatives d’énergie

Eu  égard d’une part au déséquilibre croissant existant entre l’offre et la demande d’énergies à l’échelle globale du pays et, d’autre part, aux incidences nocives de l’accélération du processus de déboisement sur l’environnement national, 

la promotion de sources locales et externes d’énergies, alternatives au bois de feu et au charbon de bois, se révèle une voie stratégique obligée, devant permettre, à terme, de faire face aux besoins internes de consommation, tout en préservant les maigres réserves ligneuses encore disponibles en  Haïti.
<><>Dans cette optique, l’emphase devra être mise en particulier sur: 
La valorisation des ressources énergétiques nationales telles que le lignite, les résidus agro-industrielles et les brisures de charbon de bois
7 .
La mise sur pied d’un programme de développement de forêts énergétiques.


L’utilisation rationnelle de la biomasse, tant par l’amélioration des systèmes d’exploitation et de carbonisation que par la vulgarisation de foyers améliorés dans les unités de résidence.
 

L’application de mesures concrètes, favorables à l’expansion de l’utilisation d’autres sources d’énergies de substitution entre autres: le gaz de pétrole liquéfié (GPL). Le kérosène, le diesel, le fuel oil, etc…, aussi bien dans l’industrie que dans les ménages.


La recherche et la vulgarisation de technologies exploitant des sources d’énergies nouvelles et renouvelables
dont l’énergie solaire, l’énergie éolienne, le biogaz, etc….
 
Conclusions et Recommandations

Le charbon de bois et le bois de feu jouent un rôle très important dans la société et l’économie haïtiennes. Toute politique de substitution de cette ressource énergétique doit tenir compte des facteurs suivants:


- La production et la commercialisation du bois de feu et du charbon de bois génèrent des revenus estimés entre 50 et 75 millions de dollars américains annuellement. De ce montant, près du tiers (1/3) est retourné dans le milieu rural, soit 15 à 25 millions de dollars américains.


-Plus de 150.000 personnes participent dans les circuits de production et de commercialisation du bois de feu et du charbon de bois.
 

- La substitution peut augmenter considérablement la facture  énergétique du pays
si les choix économiques et commerciaux ne sont pas bien étudiés en fonction de tous les paramètres sus-mentionnés. Une tonne de LPG équivaut à 4.7 tonnes de charbon de bois en termes d’énergies utile. Sur cette base il faudrait 53.200 tonnes de LPG pour remplacer la demande totale du charbon de bois estimée pour l’année 2003 à  250.000 tonnes. 

En fonction de tout  ce qui précède, il est recommandé, avant d’entreprendre toute action dans ce domaine, la création d’une Commission
10  de Substitution d’Energies Alternatives au Charbon de Bois et au Bois de Feu dotée de l’autorité et des moyens nécessaires lui permettant de faire les recommandations globales en matière institutionnelles , légales, économiques et commerciales pouvant favoriser la mise en place d’une politique de substitution au bois de feu et au charbon de bois. De cette façon les risques associés à une telle mesure seraient minimisés et les moyens d’y faire face seraient étudiés à l’avance ce qui permettrait de  réduire l’impact socio-économique d’une telle mesure, qui dans les circonstances de dégradation actuelles du pays est un impératif.

_______________________________

Notes
 1/ Rapport du programme commun PNUD/Banque Mondiale de l’évaluation du secteur de l’énergie, Juin 1982. Haïti  Problèmes  et choix énergétiques.

 2 / Environnement et Développement MPCE Août 1991. Page 83.

 3/  Le GPL coûte cinq (5) fois plus cher en Haïti qu’en République  Dominicaine où il est fortement subventionné, résultat du choix fait par le gouvernement de ce pays de protéger ses ressources forestières. Ref: Haïti: Stratégie pour l’Energie Domestique, ESMAP décembre 1991. 

4/  Il  s’agit d’un réchaud monofeu fonctionnant au butane et utilisant une bonbonne de 3.5 kg de capacité.  

5/  Une usine de briquettes a été  construite à  Santo 9. La firme Biomasse Haïti S.A. a utilisé des brisures de charbon, des résidus végétaux  de toutes sortes et a même fait des expériences avec du lignite  pour produire des briquettes destinées au marché local. Les premiers essais de pénétration du marché ont été très concluants. On constate de nos jours une réduction dans la production de cette usine et une rareté de ses produits sur le marché national.

 6/  L’expérience  réalisée par l’entreprise Biomasse Haïti S.A. peut servir d‘exemple pour promouvoir l’installation d’usine de briquettes identiques dans d’autres régions du pays contribuant ainsi à  créer des emplois tout en utilisant  de la matière  première  locale.

 7/  Si l’on observe de près le contenu d’un sac de charbon de bois tel que la détaillante l’ouvre au moment de sa vente par petits paquets, l’on se rend facilement compte d’une  perte voisine de 10% sur chaque sac de 50 livres entré à Port-au-Prince. (Carbonisation et Briquetage de Résidus Agricole en Haïti. Novembre 1994)

 8/  L’expérience du Centre las Gaviotas de Colombie peut servir omme projet pilote dans ce domaine. 

 10/  Genre Commission Présidentielle de haut niveau.

 11 / Le travail de la commission devrait aboutir à la création d’une institution chargée de la mise en place des recommandations

Editeur responsable : Mildred D. Régis
Auteurs: Robinson Moïse, Wilfrid St-Jean
Conseiller technique: Bétonus Pierre 
Edition Internet: Wilfrid Saint Jean 
Envoyez vos lettres à:
  Robinson Moïse/ Wilfrid Saint-Jean
Bulletin Synergies, CARE / BME
Rue Grégoire 92, Pétionville, Haïti. 
P.O. Box : 15546 Port-au-Prince 
Tél.: +509.57.53.89 ou 57.53.58  Fax: +509.57.67.85 
E-mail:moise@pap.care.org    wstjean@haitelonline.com
Page d'accueil BME 
Haut de la page

mines_energie@haitelonline.com
© BME et OLADE
Port au Prince Haïti
09/01/05
cette page: http://www.olade.org.ec/haiti/synergie/numero17/role.html